Mathématiques · 6e · environ 15 min
Définir la proportionnalité et la relier au langage courant
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Imagine un tableau avec une ligne « nombre de carnets » et une ligne « prix en euros ». Chaque carnet coûte 3 euros. Dessine une flèche de chaque quantité vers son prix et écris « × 3 » sur chaque flèche. Deux grandeurs sont proportionnelles lorsque toutes les valeurs de la seconde s'obtiennent en multipliant les valeurs correspondantes de la première par un même nombre.
La flèche doit fonctionner pour toutes les valeurs de la situation. Une seule paire de valeurs ne suffit pas à vérifier que la règle reste valable.
Pose une carte « carnet » et place 3 jetons dessous pour représenter son prix. Recommence avec d'autres cartes, toujours accompagnées du même paquet de jetons. En doublant les cartes, tu doubles aussi les jetons : deux fois plus de quantité, deux fois plus cher. Ajoute ensuite un jeton à part pour représenter des frais fixes : ce supplément ne se répète pas avec chaque carte.
Les paquets doivent rester identiques. Des frais fixes ou un prix qui change selon la quantité empêchent d'utiliser directement ce modèle de prix proportionnel.
Compare ces règles : « le prix est la quantité multipliée par 4 » et « le prix est la quantité plus 4 ». La première décrit une proportionnalité : le même multiplicateur fonctionne toujours. La seconde décrit un ajout fixe, pas une proportionnalité. Dans la vie courante, « à prix unitaire constant » indique une proportionnalité entre quantité et prix total seulement si aucun supplément ne s'ajoute.
Observer que deux valeurs augmentent ensemble ne suffit pas. Même constater un doublement sur un seul exemple ne prouve pas que la règle fonctionne partout.
Les pièges
Dire que deux grandeurs sont proportionnelles simplement parce qu'elles augmentent ensemble.
Tu as repéré qu'elles augmentent ensemble. Vérifie maintenant si le même nombre permet de passer de chaque valeur de la première grandeur à la valeur correspondante de la seconde.
Confondre ajouter toujours le même nombre et multiplier toujours par le même nombre.
Regarde le calcul utilisé : est-ce une multiplication qui reste la même pour toutes les quantités, ou un supplément que tu ajoutes ?
Oublier les frais fixes quand on lit « prix par article constant ».
Sépare le prix des articles et le supplément. Demande-toi ensuite si doubler la quantité double aussi la totalité de la somme à payer.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
La proportionnalité permet de relier des quantités et de prévoir comment elles varient ensemble. On l’utilise notamment pour calculer un prix, adapter une recette ou comparer des achats.
Le cours
Deux grandeurs sont proportionnelles lorsque les valeurs de l’une s’obtiennent en multipliant les valeurs correspondantes de l’autre par un même nombre. Ce nombre, qui reste le même pour toutes les valeurs, s’appelle le coefficient de proportionnalité.
Par exemple, lorsque des pommes sont vendues à prix unitaire constant, le prix à payer s’obtient en multipliant la masse achetée par le prix d’un kilogramme. La masse de pommes et le prix sont donc proportionnels. Les unités doivent rester les mêmes dans toute la comparaison.
Dans une situation de proportionnalité, multiplier une quantité par un nombre revient à multiplier la quantité correspondante par ce même nombre. C’est le sens de l’expression « deux fois plus de quantité, deux fois plus cher ». De même, une quantité divisée par deux correspond à un prix divisé par deux.
Pour reconnaître une situation de proportionnalité, on cherche si le même nombre multiplicateur permet de passer de chaque valeur d’une grandeur à la valeur correspondante de l’autre. Dans un tableau, il doit convenir à toutes les colonnes : une seule correspondance ne suffit pas pour conclure.
Attention : deux grandeurs qui augmentent ensemble ne sont pas forcément proportionnelles. Par exemple, si un prix comprend des frais fixes ajoutés au montant des achats, doubler le montant des achats ne double pas le total à payer. Ajouter toujours le même nombre n’est pas la même chose que multiplier toujours par le même nombre.
Des exemples
Des poires sont vendues à prix unitaire constant, à 2,80 € le kilogramme. Quel est le prix de 17 kg de poires ?
Le prix s’obtient en multipliant la masse en kilogrammes par 2,80. Pour 17 kg, on calcule 17 × 2,80 = 238/5 €. Comme le prix par kilogramme reste constant, la masse achetée et le prix sont proportionnels. Le coefficient permettant de passer de la masse au prix est 2,80.
Une recette utilise 135 g de farine. Pour préparer 3 fois cette recette en conservant les mêmes proportions, quelle masse de farine faut-il ?
Pour préparer 3 fois la recette, il faut 3 fois la masse de chaque ingrédient. On calcule donc, pour la farine : 135 × 3 = 405 g. Faire « 3 fois la recette » revient ici à multiplier toutes les quantités par 3.
Un magasin ajoute des frais de livraison fixes de 7 € au montant de chaque commande. Pour une commande d’articles coûtant 26 €, quel est le total à payer ? Le total est-il proportionnel au montant des articles ?
Le total est 26 + 7 = 33 €. On ajoute des frais fixes de 7 € au lieu de multiplier le montant des articles par un même nombre pour toutes les commandes. Si le montant des articles double, les frais de livraison restent identiques : le total ne double donc pas. Ces grandeurs ne sont pas proportionnelles.
À retenir
- Deux grandeurs sont proportionnelles si l’on passe de l’une à l’autre en multipliant toujours par le même nombre.
- Ce nombre est le coefficient de proportionnalité.
- À prix unitaire constant, le prix est proportionnel à la quantité achetée.
- Dans une situation proportionnelle, deux fois plus de quantité correspond à deux fois plus de prix.
- Le même multiplicateur doit convenir à toutes les valeurs correspondantes.
- Augmenter ensemble ou ajouter un nombre fixe ne suffit pas à être proportionnel.
Les mots de la leçon
- Grandeur
- Ce que l’on peut mesurer ou compter, par exemple une masse, une durée, un prix ou un nombre d’objets.
- Proportionnalité
- Relation entre deux grandeurs dont les valeurs correspondantes s’obtiennent en multipliant celles de l’une par un même nombre.
- Coefficient de proportionnalité
- Nombre par lequel on multiplie les valeurs d’une grandeur pour obtenir les valeurs correspondantes de l’autre, dans le sens choisi.
- Prix unitaire
- Prix d’une unité de produit, par exemple le prix d’un objet, d’un kilogramme ou d’un litre.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeSi chaque carnet coûte 3 euros, son prix s'obtient en multipliant le nombre de carnets par 3 : cela fonctionne pour toutes les quantités. Le nombre de carnets et le prix sont donc deux grandeurs proportionnelles. Dire « à prix unitaire constant » signifie ici que deux fois plus de carnets coûtent deux fois plus cher.
Des badges coûtent 4 euros chacun, sans frais supplémentaires. Le nombre de badges et le prix sont-ils proportionnels ? Explique comment calculer le prix de 7 badges.
- Je repère les deux grandeurs : le nombre de badges et le prix en euros.La proportionnalité décrit une relation entre deux grandeurs.
- Pour chaque quantité, le prix s'obtient en multipliant le nombre de badges par 4.Le prix de chaque badge reste identique et aucun supplément ne s'ajoute.
- Ces grandeurs sont proportionnelles. Pour les 7 badges, le calcul à effectuer est 7 × 4.Le même nombre multiplicateur permet toujours de passer de la quantité au prix.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Expliquer que deux grandeurs sont proportionnelles lorsque les valeurs de l’une s’obtiennent en multipliant celles de l’autre par un même nombre, puis relier cette définition à des expressions comme « à prix unitaire constant » ou « deux fois plus de quantité, deux fois plus cher ».
- Au programme
- 6e · BO n°16 du 17 avril 2025, MENE2504620A (cycle 3, CM1/CM2/6e, français ET mathématiques) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 15 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers