Mathématiques · 5e · environ 20 min
Conjecturer une relation avec un tableur ou un algorithme
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Lis d’abord chaque ligne de gauche à droite : quelle opération pourrait relier l’entrée à la sortie ? Puis descends dans les colonnes : quand l’entrée change, comment la sortie change-t-elle ? Note une relation possible avec des mots, puis vérifie qu’elle convient à toutes les lignes affichées.
Une évolution régulière aide à trouver une idée, mais elle ne garantit pas que cette idée reste vraie en dehors des lignes observées.
Donne un titre à chaque colonne. Saisis plusieurs entrées. Écris une formule qui commence par = et utilise la cellule contenant l’entrée, plutôt que de retaper sa valeur. Recopie cette formule vers le bas. Contrôle une ligne à la main, puis compare les sorties pour formuler une conjecture.
Une formule mal saisie ou mal recopiée peut produire une fausse régularité. Le contrôle d’une ligne vérifie un calcul, pas la vérité générale de la conjecture.
Une fois ta conjecture écrite, cherche une entrée qui pourrait la faire échouer : un petit nombre, un grand nombre ou un nombre décimal si la situation l’autorise. Si une sortie ne correspond pas à la conjecture, vérifie le calcul. Si le désaccord est confirmé, la conjecture est fausse. Si tous les nouveaux essais fonctionnent, elle reste une conjecture tant qu’aucune explication générale n’est donnée.
Un seul essai contraire suffit à réfuter une affirmation qui prétend être toujours vraie. En revanche, même beaucoup d’essais favorables ne suffisent pas à la démontrer.
Les pièges
Dire « c’est démontré » parce que toutes les lignes du tableau conviennent.
Tes essais soutiennent ton idée. Écris « je conjecture que… ». Pour conclure qu’elle est toujours vraie, cherche une explication valable pour toutes les entrées autorisées.
Recopier des sorties à la main au lieu de recopier une formule utilisant l’entrée.
Regarde la formule d’une cellule : utilise-t-elle bien l’entrée de la même ligne ? Corrige-la si nécessaire, puis recopie-la.
Confondre ce qu’on ajoute à chaque ligne avec ce par quoi on multiplie l’entrée.
Teste ta relation sur plusieurs lignes. Compare séparément la différence entre sortie et entrée, puis le lien multiplicatif que tu envisages.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Un tableur ou un court algorithme permet de calculer rapidement plusieurs valeurs pour chercher une relation entre des nombres. On s’en sert pour repérer une régularité et proposer une conjecture, qu’il faudra ensuite démontrer.
Le cours
Pour construire un tableau de valeurs, on choisit plusieurs valeurs d’un nombre, souvent noté n, puis on applique la même règle de calcul à chacune. Par exemple, pour comparer les expressions 4 × (n + 2) et 4 × n + 8, on prépare une colonne pour n et une colonne pour chaque expression.
Dans un tableur, on écrit les titres dans les cellules A1, B1 et C1, puis les valeurs choisies dans la colonne A à partir de A2. Dans B2, on saisit =4*(A2+2) ; dans C2, on saisit =4*A2+8. Une formule commence par le signe = et le symbole * signifie « multiplier ». En recopiant les formules vers le bas, le tableur adapte les références : A2 devient A3, puis A4. Pour n égal à 0, 1, 2 et 3, les deux colonnes donnent respectivement 8, 12, 16 et 20.
Un court algorithme peut effectuer le même travail : pour chaque valeur choisie de n, calculer u = 4 × (n + 2), calculer v = 4 × n + 8, puis afficher n, u et v. Il faut préciser les valeurs à essayer et les calculs à effectuer. Le tableau ou les résultats affichés permettent ensuite de comparer les valeurs obtenues.
On observe les résultats pour chercher une régularité : des résultats égaux, un même écart ou une même façon de passer d’une valeur à la suivante. On formule alors une conjecture avec une phrase précise. Ici : « Il semble que les expressions 4 × (n + 2) et 4 × n + 8 soient égales pour tout nombre n. »
Une conjecture n’est pas une démonstration : même de nombreux essais ne prouvent pas qu’une relation est toujours vraie. Un seul contre-exemple suffit à montrer qu’elle est fausse. Pour prouver une égalité pour tout nombre n, on utilise les propriétés du calcul : ici, la distributivité donne 4 × (n + 2) = 4 × n + 4 × 2 = 4 × n + 8.
Des exemples
On étudie les multiples de 7. Dans un tableur, la colonne A contient les valeurs de n et la colonne B contient le produit de n par 7. Complète la ligne où n vaut 8.
Dans la cellule de la colonne B, on multiplie la valeur de la même ligne dans la colonne A par 7. Pour n = 8, on obtient 8 × 7 = 56. Le tableau associe donc la valeur 8 au résultat 56.
On poursuit le tableau des multiples de 7 avec n = 9. Calcule le résultat et indique la régularité à rechercher dans les lignes successives.
Le calcul donne 9 × 7 = 63. En comparant les lignes où les valeurs de n se suivent, on cherche si le résultat augmente toujours de 7. La conjecture est : « Quand n augmente d’une unité, son produit par 7 augmente de 7. » Les essais permettent de proposer cette relation, mais pas de la démontrer. La distributivité permet de la justifier : 7 × (n + une unité) est égal à 7 × n + 7.
À retenir
- Construire un tableau en appliquant la même règle à plusieurs valeurs choisies.
- Dans un tableur, commencer une formule par = et vérifier les références des cellules.
- Un algorithme précise les valeurs à essayer, les calculs à effectuer et les résultats à afficher.
- Observer les résultats, puis formuler une conjecture précise.
- Des essais ne remplacent pas une démonstration.
- Un seul contre-exemple suffit à réfuter une conjecture.
Les mots de la leçon
- Tableur
- Logiciel qui organise des données dans des cellules et effectue des calculs à l’aide de formules.
- Algorithme
- Suite d’instructions précises à exécuter dans un ordre donné pour accomplir une tâche.
- Conjecture
- Affirmation que l’on pense vraie à partir d’observations, mais qui n’est pas encore démontrée.
- Démonstration
- Raisonnement qui établit qu’une affirmation est vraie en s’appuyant sur des propriétés connues.
- Contre-exemple
- Exemple pour lequel une affirmation ne fonctionne pas et qui suffit à montrer qu’elle n’est pas toujours vraie.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeDans un tableur, tu choisis plusieurs nombres d’entrée et tu fais calculer une sortie avec la même règle. Si tu remarques une régularité, tu peux proposer une conjecture, par exemple : « La sortie semble toujours être le triple de l’entrée. » Même si tous tes essais fonctionnent, ils ne suffisent pas à démontrer que cette relation est vraie pour tous les nombres.
Un algorithme reçoit un nombre n et calcule n + n + n. Construis un tableau pour chercher une écriture plus courte de ce calcul, puis distingue ce que montrent les essais de ce que tu peux démontrer.
- Dans la colonne A d’un tableur, écris le titre « Entrée », puis saisis plusieurs nombres différents, un par ligne.Des entrées variées permettent de chercher une relation sans rester sur un seul exemple.
- Dans la colonne B, écris le titre « Sortie ». Dans la cellule B2, saisis =A2+A2+A2, puis recopie la formule vers le bas.Chaque ligne applique exactement la même règle au nombre placé sur cette ligne. En recopiant la formule, vérifie que les références changent de ligne.
- Dans la colonne C, écris le titre « Essai du triple ». Dans C2, saisis =3*A2, puis recopie la formule vers le bas.Tu peux comparer, ligne par ligne, les sorties de l’algorithme et les valeurs données par la relation que tu envisages.
- Les colonnes B et C coïncident sur tes essais. Formule : « Je conjecture que la sortie est toujours le triple de l’entrée. »Tu annonces une relation possible. Les essais la soutiennent, mais ne couvrent pas tous les nombres.
- Pour aller au-delà des essais, remarque que n + n + n = 3 × n, quel que soit n.Cette égalité vient du sens de la multiplication. C’est cette explication générale, et non le nombre de lignes du tableau, qui démontre ici la relation.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Construire un tableau de valeurs avec un tableur ou un court algorithme, repérer une régularité et formuler une conjecture sans la confondre avec une démonstration.
- Au programme
- 5e · BO n°10 du 5 mars 2026, arrêté du 18 février 2026, MENE2602912A (cycle 4, français ET mathématiques) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 20 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers