Mathématiques · 4e · environ 25 min
Examiner si un modèle représente une situation
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Dessine le matériel décrit par le modèle, puis écris à côté tous les résultats possibles. Entoure les résultats réellement observés. Un résultat observé absent de ta liste signale une contradiction à vérifier ; des résultats présents mais obtenus dans des proportions différentes demandent un examen plus prudent.
Un dessin permet de repérer des résultats impossibles, mais il ne prouve pas que les résultats possibles ont les mêmes chances.
Prépare un sac avec des jetons de couleurs différentes. Tire au hasard, note la couleur, remets le jeton et mélange avant de recommencer. Compare plusieurs séries réalisées de cette façon : leurs fréquences peuvent varier alors que le sac reste identique. Essaie ensuite sans remettre les jetons et observe que la composition du sac change.
Quelques essais illustrent les variations possibles, mais ne suffisent pas à valider un modèle. Une simulation doit aussi respecter les conditions du modèle étudié.
Organise ton argument en trois parties : « Le modèle suppose… », « Il prévoit… », puis « On observe… ». Termine par une conclusion mesurée : les conditions sont respectées et les observations sont compatibles, une contradiction impose de revoir le modèle, ou les informations ne permettent pas encore de conclure.
Sans règle de décision précisée, un simple écart de fréquence ne permet pas de fixer une frontière certaine entre modèle acceptable et modèle à rejeter. Des écarts importants et répétés peuvent toutefois conduire à le remettre en question.
Les pièges
Exiger que la fréquence observée soit exactement égale à la probabilité du modèle.
Tu as repéré une différence. Vérifie maintenant si elle peut venir du hasard, plutôt que de rejeter immédiatement le modèle.
Regarder uniquement les résultats et oublier les conditions de l’expérience.
Avant de conclure, compare la façon de réaliser l’expérience avec ce que suppose le modèle.
Affirmer que des observations compatibles prouvent définitivement le modèle.
Tu peux dire que les observations sont compatibles avec le modèle, sans affirmer qu’elles le prouvent.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Un modèle aléatoire sert à représenter une situation où le hasard intervient et à prévoir les chances des différents résultats. Pour savoir si ce modèle convient, on compare ses hypothèses à la situation réelle, puis ses prévisions aux observations.
Le cours
Un modèle aléatoire décrit les résultats possibles et leur attribue des probabilités. Il repose sur des hypothèses : par exemple, un dé est équilibré, des boules sont indiscernables au toucher ou une boule tirée est remise dans le sac avant le tirage suivant. Ces hypothèses doivent correspondre aux conditions réelles de l’expérience.
Pour examiner un modèle, on commence par vérifier les résultats qu’il autorise et les probabilités qu’il leur attribue. Attention : des résultats ne sont pas forcément équiprobables, c’est-à-dire aussi probables les uns que les autres. Par exemple, des couleurs présentes dans un sac n’ont les mêmes chances d’être tirées que si les conditions du tirage et les quantités de boules le permettent.
On compare ensuite les probabilités du modèle aux fréquences observées. La fréquence d’un résultat est le quotient du nombre de fois où il apparaît par le nombre total d’essais. Le hasard produit des fluctuations : une fréquence peut donc différer de la probabilité prévue sans que le modèle soit faux. Quand le nombre d’essais augmente, les fréquences tendent généralement à se rapprocher des probabilités, mais ce rapprochement n’est ni exact ni régulier.
La conclusion doit être argumentée. Des hypothèses adaptées et des fréquences proches des probabilités rendent le modèle compatible avec les observations, sans prouver qu’il est le seul possible. Des écarts importants qui persistent sur de nombreuses répétitions conduisent à le remettre en cause. Si un résultat déclaré impossible par le modèle est observé et que l’observation est fiable, le modèle doit être rejeté ou modifié.
Des exemples
Un sac contient 1 boule rouge parmi 3 boules indiscernables au toucher. On tire au hasard, on remet la boule et on mélange après chaque tirage. Le modèle attribue à la couleur rouge une probabilité de 1/3. Sur 180 tirages, on obtient 61 fois la couleur rouge. Faut-il rejeter le modèle parce que la fréquence observée diffère de la probabilité prévue ?
La fréquence observée est 61/180, à comparer à la probabilité 1/3. La comparaison donne : >. Ces valeurs sont proches, même si elles ne sont pas égales. Cet écart est compatible avec les fluctuations du hasard : il ne suffit pas à rejeter le modèle. De plus, les conditions annoncées du tirage correspondent à ses hypothèses.
Un sac contient 4 boules rouges parmi 11 boules, les autres étant bleues. Toutes sont indiscernables au toucher et le tirage se fait au hasard. Un modèle attribue à la couleur rouge une probabilité de 1/2, sous prétexte que les couleurs auraient les mêmes chances. Ce modèle représente-t-il la situation ?
Chaque boule a la même chance d’être tirée, mais cela ne donne pas la même chance à chaque couleur. La probabilité d’obtenir une boule rouge est 4/11, alors que le modèle propose 1/2. La comparaison donne : <. Le modèle ne respecte donc pas la composition du sac : il faut le modifier, même sans effectuer de tirages.
Une roue ne comporte que des secteurs bleus et jaunes. Le modèle prévoit donc une probabilité de 0/1 d’obtenir du vert. Sur 75 essais, on relève pourtant 1 résultat vert. L’observation a été vérifiée. Le modèle peut-il être conservé tel quel ?
La fréquence relevée pour le vert est 1/75, alors que sa probabilité dans le modèle est 0/1. La comparaison donne : >. Le modèle déclare le vert impossible : l’écart observé ne peut donc pas s’expliquer par une simple variation de fréquence due au hasard. Puisque l’observation est fiable, il faut rejeter ou modifier le modèle et rechercher ce qu’il ne prend pas en compte.
À retenir
- Vérifier d’abord les hypothèses et les résultats possibles du modèle.
- Ne pas supposer que tous les résultats ont la même probabilité.
- Comparer les fréquences observées aux probabilités prévues.
- Une différence de fréquence ne suffit pas à rejeter un modèle.
- Tenir compte du nombre d’essais et de la persistance des écarts.
- Conclure en donnant une raison précise, sans confondre compatibilité et preuve.
Les mots de la leçon
- Modèle aléatoire
- Représentation d’une situation faisant intervenir le hasard, qui précise les résultats possibles et leurs probabilités.
- Probabilité
- Nombre compris entre zéro et un qui mesure la chance d’un événement dans un modèle.
- Fréquence
- Quotient du nombre d’apparitions d’un résultat par le nombre total d’essais réalisés.
- Équiprobabilité
- Situation dans laquelle les résultats considérés ont tous la même probabilité.
- Fluctuations
- Variations des fréquences observées dues au hasard lorsqu’on répète une expérience.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeUn modèle de pièce équilibrée prévoit autant de chances pour pile que pour face, mais pas forcément autant de piles que de faces dans une série de lancers. Pour examiner ce modèle, regarde comment les lancers sont réalisés et compare les observations à ce qu’il prévoit : un écart ne suffit pas, à lui seul, à le rejeter.
Un sac contient uniquement des jetons bleus et verts. On propose le modèle suivant : tirer un jeton au hasard, noter sa couleur, puis le remettre dans le sac. Le compte rendu d’une expérience mentionne un jeton rouge. Ce modèle peut-il représenter l’expérience décrite ?
- Repère les couleurs que le modèle autorise : bleu et vert.Avant de comparer des fréquences, il faut vérifier quels résultats sont possibles.
- Compare cette liste au résultat rouge mentionné dans le compte rendu.Le rouge n’est pas simplement moins fréquent que prévu : il est impossible dans le modèle proposé.
- Écarte ce modèle pour l’expérience telle qu’elle est décrite, puis vérifie le contenu du sac et le compte rendu.Si l’observation est correcte, le modèle ne décrit pas cette situation. Une erreur de saisie reste aussi à rechercher.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Comparer les hypothèses et les résultats attendus d’un modèle aléatoire aux caractéristiques et observations d’une situation, puis argumenter son adéquation ou son rejet sans exiger une égalité exacte des fréquences.
- Au programme
- 4e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 25 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers