Mathématiques · 4e · environ 30 min
Comparer les distributions observée et théorique
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Écris les issues sur l’axe horizontal. Choisis une couleur pour les fréquences observées et une autre pour les probabilités théoriques. Pour chaque issue, trace les barres côte à côte, avec une même échelle verticale et une légende. Repère les barres proches, puis celles dont l’écart est le plus visible. Décris aussi les ressemblances : mêmes issues, même issue la plus fréquente si c’est le cas.
Ne compare pas directement un effectif à une probabilité. Transforme d’abord les effectifs en fréquences. Des axes verticaux différents peuvent donner une impression trompeuse.
Prépare un sac de jetons dont tu connais la composition. Tire un jeton, note sa couleur et remets-le dans le sac avant le tirage suivant. Après chaque groupe de tirages, recalcule les fréquences en utilisant tous les tirages déjà réalisés. Construis un nouveau graphique et compare-le au graphique théorique, qui reste inchangé.
La remise du jeton permet de conserver les mêmes probabilités à chaque tirage. Avec davantage de tirages, les fréquences tendent à se rapprocher des probabilités, mais chaque nouvelle étape ne réduit pas forcément les écarts.
Commence par demander : « Que prévoit l’expérience avant les essais ? » Cela donne les probabilités théoriques. Demande ensuite : « Qu’a-t-on réellement obtenu ? » Cela donne les fréquences observées. Compare les valeurs issue par issue. Termine par une phrase qui distingue le constat et son interprétation : une fréquence supérieure à la probabilité indique un excès dans cette série, pas une impossibilité du modèle.
Un écart ne suffit pas à prouver qu’un objet est truqué. Inversement, des graphiques proches ne prouvent pas à eux seuls que le modèle est exact.
Les pièges
Tracer les nombres d’apparitions en face des probabilités théoriques.
Tu as utilisé les effectifs. Divise chaque effectif par le nombre total d’essais, puis trace les fréquences obtenues sur la même échelle que les probabilités.
Conclure qu’une expérience est mal réalisée parce que les barres ne coïncident pas.
Tu as repéré un écart réel. Décris-le, mais ne le transforme pas immédiatement en preuve d’une erreur ou d’un objet truqué.
Affirmer que chaque nouveau tirage rapproche forcément la fréquence de la probabilité.
Observe plusieurs étapes de la série : certains écarts peuvent augmenter avant de diminuer. Évite le mot « toujours ».
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Quand on répète une expérience aléatoire, les résultats obtenus ne correspondent pas exactement aux probabilités prévues. Comparer leurs graphiques permet de voir ce qui se ressemble, de repérer les écarts et d’observer l’effet du nombre de répétitions.
Le cours
Une expérience aléatoire a plusieurs résultats possibles, appelés issues. On peut la répéter matériellement, par exemple en lançant une pièce, ou la simuler avec un ordinateur. Pour comparer les résultats à des probabilités théoriques, on conserve les mêmes conditions à chaque répétition et on précise le modèle choisi : par exemple, une pièce supposée équilibrée.
La distribution observée décrit la répartition des résultats réellement obtenus. Pour chaque issue, on relève son effectif, puis on calcule sa fréquence : fréquence = effectif de l’issue ÷ nombre total de répétitions. Pour exprimer cette fréquence en pourcentage, on la multiplie par 100. La somme des fréquences vaut 1, soit 100 %, à d’éventuels arrondis près.
La distribution théorique donne la probabilité de chaque issue selon le modèle choisi. Si toutes les issues ont la même chance de se produire, la probabilité de chacune vaut 1 ÷ nombre d’issues possibles. La somme des probabilités vaut 1. Une probabilité décrit ce que prévoit le modèle ; elle ne garantit pas la fréquence qui sera obtenue pendant une série d’essais.
Pour construire les graphiques, on prépare un tableau avec les issues, leurs fréquences observées et leurs probabilités théoriques. Les axes horizontaux reprennent les mêmes issues dans le même ordre, et l’échelle verticale doit être la même, en fréquences décimales ou en pourcentages. On peut tracer deux diagrammes en bâtons ou placer, pour chaque issue, deux barres côte à côte avec une légende.
Pour comparer, on repère les barres de hauteurs proches, puis les issues plus ou moins fréquentes que prévu. L’écart se mesure par la différence entre la fréquence observée et la probabilité théorique ; entre deux pourcentages, il s’exprime en points de pourcentage. Lorsque le nombre de répétitions augmente, les fréquences tendent à se rapprocher des probabilités, sans devenir nécessairement égales : les écarts dus au hasard restent possibles et ne diminuent pas forcément à chaque nouvel essai.
Des exemples
On lance plusieurs fois une pièce supposée équilibrée. La fréquence observée de « pile » est 137/250. Multiplie cette fréquence par 100 pour l’exprimer en pourcentage, puis indique comment tracer la barre correspondante.
Le calcul est 137/250 × 100 = 274/5. La fréquence observée de « pile » est donc 274/5 %. Sur le graphique des fréquences observées, on place « pile » sur l’axe horizontal et on trace une barre qui atteint 274/5 % sur l’axe vertical.
Pour une pièce équilibrée, la probabilité théorique de « pile » est 1/2. Multiplie-la par 100 pour l’exprimer en pourcentage, puis indique comment tracer la barre théorique.
Le calcul est 1/2 × 100 = 50. La probabilité théorique de « pile » est donc 50 %. On trace sa barre à cette hauteur, avec la même échelle verticale que pour les fréquences observées. Cette hauteur est fixée par le modèle de la pièce équilibrée, et non par les résultats des lancers.
Pour « pile », la barre observée atteint 54,8 % et la barre théorique atteint 50 %. Calcule l’écart entre leurs hauteurs et décris ce qu’il signifie.
On calcule 54,8 − 50 = 24/5. La fréquence observée dépasse donc la probabilité théorique de 24/5 points de pourcentage : la barre observée est légèrement plus haute. Cet écart peut être dû au hasard des lancers ; à lui seul, il ne suffit pas à conclure que la pièce est déséquilibrée.
À retenir
- Fréquence observée = effectif de l’issue ÷ nombre total de répétitions.
- Les fréquences décrivent les résultats obtenus ; les probabilités décrivent le modèle théorique.
- Pour comparer les graphiques, garde les mêmes issues, le même ordre et la même échelle.
- Décris les ressemblances, puis les écarts entre les hauteurs des barres.
- Un écart entre deux pourcentages s’exprime en points de pourcentage.
- Avec beaucoup de répétitions, les fréquences tendent à se rapprocher des probabilités, sans égalité garantie.
Les mots de la leçon
- Issue
- Résultat possible d’une expérience aléatoire.
- Effectif
- Nombre de fois où une issue a été obtenue.
- Fréquence observée
- Quotient de l’effectif d’une issue par le nombre total de répétitions.
- Probabilité théorique
- Nombre compris entre 0 et 1 qui mesure la chance d’obtenir une issue selon le modèle choisi.
- Distribution
- Répartition des fréquences observées ou des probabilités entre les différentes issues.
- Simulation
- Reproduction d’une expérience aléatoire à l’aide d’un outil numérique.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeAprès des tirages, la fréquence observée d’une couleur se calcule en divisant son nombre d’apparitions par le nombre total de tirages. Pour chaque couleur, place côte à côte une barre de fréquence observée et une barre de probabilité théorique, avec la même échelle : elles peuvent avoir des hauteurs proches sans être identiques.
Un sac contient autant de jetons rouges que de jetons bleus, indiscernables au toucher. On effectue 60 tirages en remettant chaque fois le jeton dans le sac : on obtient 18 rouges et 42 bleus. Construis les graphiques des fréquences observées et des probabilités théoriques, puis compare-les.
- Prépare les catégories « rouge » et « bleu » sur l’axe horizontal. Sur l’axe vertical, utilise une même échelle de fréquences et de probabilités.Des hauteurs ne se comparent correctement que si elles représentent la même chose sur la même échelle.
- Pour chaque couleur, calcule la fréquence avec la formule : nombre d’apparitions de la couleur ÷ nombre total de tirages.Un effectif compte les apparitions ; une fréquence indique leur part dans l’ensemble des tirages.
- Trace les barres observées à partir de ces quotients. Trace à côté les barres théoriques : chacune atteint la moitié de l’échelle complète. Ajoute une légende pour distinguer les deux distributions.Les couleurs sont équiprobables puisque le sac contient autant de jetons de chaque couleur et que chaque jeton a la même chance d’être tiré.
- Constate que la barre rouge observée est plus basse que sa barre théorique, tandis que la barre bleue observée est plus haute. Les barres théoriques sont égales, mais pas les barres observées.Les observations décrivent cette série particulière. Le hasard peut produire un déséquilibre, même quand les probabilités des couleurs sont égales.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Après des répétitions matérielles ou simulées, construire les graphiques des fréquences observées et des probabilités théoriques, puis décrire leurs ressemblances et leurs écarts.
- Au programme
- 4e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 30 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers