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Mathématiques · 3e · environ 30 min

Évaluer un modèle à partir d’observations

Je m'entraîne

Un modèle attribue une probabilité de 35 % à l’apparition d’un voyant orange lors de chaque essai. Pour une série de 240 essais, calcule l’effectif moyen prévu de voyants orange. Explique ensuite pourquoi une série réelle n’a pas à donner exactement cet effectif.

S'entraîner : une série dédiée, en paliersRituel : Calcul mental

Explique-moi autrement

Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.

Sur une droite, place les fréquences obtenues dans de nombreuses simulations du modèle. Utilise une autre couleur pour la fréquence réellement observée. Si elle se trouve dans une zone souvent occupée par les simulations, l’écart peut s’expliquer par le hasard. Si elle est très isolée, elle donne une raison de mettre le modèle en doute et de poursuivre les vérifications.

Les simulations doivent reproduire les mêmes conditions et le même nombre d’essais que l’observation. Un point isolé ne constitue pas, à lui seul, une preuve d’impossibilité.

Les pièges

  • Prendre l’effectif moyen prévu pour un effectif obligatoire.

    Tu as repéré un écart. Regarde maintenant si le modèle peut produire ce type d’écart avant de conclure.

  • Dire qu’un modèle est prouvé parce que les observations lui ressemblent.

    Remplace « le modèle est prouvé » par « ces observations sont compatibles avec le modèle » et cite ce qui soutient ta conclusion.

  • Confondre une issue rare avec une issue impossible.

    Reviens aux règles du modèle : le résultat observé est-il autorisé, même rarement, ou totalement exclu ?

Je me teste

2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.

La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer

La leçon

Ce qu'il faut savoir

Un modèle décrit une situation à l’aide d’hypothèses, par exemple les probabilités des résultats d’un jeu. Pour savoir s’il convient, on confronte ses prévisions à des observations ou à des simulations, puis on justifie sa conclusion.

Le cours

  1. On commence par préciser les hypothèses du modèle : quels résultats sont possibles, quelles sont leurs probabilités et dans quelles conditions les expériences sont répétées. Par exemple, un modèle de pièce équilibrée attribue la même probabilité à pile et à face et suppose que les lancers sont indépendants : le résultat d’un lancer ne change pas les probabilités du suivant.

  2. On relève ensuite les résultats observés et l’effectif total. Pour chaque résultat étudié, on calcule sa fréquence : fréquence = nombre d’apparitions ÷ nombre total d’essais. On compare cette fréquence à la probabilité prévue par le modèle, en tenant compte du nombre d’essais.

  3. Dans une expérience aléatoire, les fréquences varient d’une série à l’autre : c’est la fluctuation. Une différence entre fréquence et probabilité ne suffit donc pas à invalider un modèle. Quand le nombre d’essais augmente, les fréquences ont tendance à se rapprocher des probabilités, sans que ce rapprochement soit régulier ni garanti à chaque nouvelle série.

  4. Pour apprécier un écart, on peut simuler de nombreuses séries respectant le modèle, avec le même nombre d’essais que les observations. On regarde alors si des écarts au moins aussi importants apparaissent souvent ou rarement. Un écart fréquent dans les simulations est compatible avec une simple fluctuation ; un écart très rare conduit à mettre en doute le modèle. Si l’énoncé fournit un critère de décision, on l’applique : il n’existe pas de seuil universel fondé seulement sur l’écart entre fréquence et probabilité.

  5. La conclusion doit citer les observations et expliquer ce qu’elles permettent d’affirmer. Des résultats compatibles avec le modèle ne prouvent pas qu’il est vrai. Un écart très inhabituel constitue un argument pour le rejeter, mais pas une impossibilité logique. En revanche, l’observation d’un résultat que le modèle déclare impossible contredit directement ce modèle. Avant de conclure, on vérifie aussi les relevés et les conditions de l’expérience.

Des exemples

  • On modélise une pièce équilibrée en attribuant à pile la probabilité 1/2. On observe 137 résultats pile en 250 lancers. Compare la fréquence observée à la probabilité prévue. Cette comparaison suffit-elle à rejeter le modèle ?

    La fréquence observée est 137/250 et la probabilité prévue est 1/2. Leur comparaison donne : >. La fréquence de pile dépasse donc la probabilité prévue, mais une pièce équilibrée ne donne pas nécessairement autant de piles que de faces dans chaque série. Cette comparaison seule ne suffit pas à rejeter le modèle : il faudrait apprécier l’écart à l’aide de simulations ou d’un critère fourni.

  • Un dispositif est censé produire un signal rouge avec la probabilité 1/2, indépendamment à chaque essai. On observe 169 signaux rouges en 180 essais. Compare les valeurs et explique comment utiliser des simulations pour évaluer le modèle.

    On compare la fréquence 169/180 à la probabilité 1/2 : >. La fréquence observée est ici très éloignée de la probabilité prévue, ce qui constitue un signal d’alerte. On simule de nombreuses séries de 180 essais respectant le modèle, puis on compte celles qui donnent un écart au moins aussi important. Si de tels écarts sont très rares, cela fournit un argument pour rejeter le modèle selon le critère retenu. Le résultat observé reste toutefois possible dans ce modèle : très improbable ne signifie pas impossible.

  • Un modèle de tirage affirme que le sac ne contient aucune bille verte : la probabilité d’obtenir une bille verte vaut 0/1. Pourtant, on relève 7 tirages verts sur 160 tirages. Que peut-on conclure si les relevés sont exacts ?

    La fréquence observée est 7/160. La comparaison avec la probabilité annoncée donne : >. La taille de l’écart pose problème. Des billes vertes ont aussi été observées alors que le modèle les déclare impossibles. Si les relevés sont exacts et concernent bien le sac étudié, le modèle est incompatible avec les observations. Une simple fluctuation ne peut pas expliquer l’apparition d’un résultat impossible selon le modèle.

À retenir

  • Préciser les hypothèses du modèle avant de le comparer aux observations.
  • Comparer une fréquence observée à une probabilité en tenant compte du nombre d’essais.
  • Un écart peut venir d’une simple fluctuation.
  • Simuler des séries de même taille aide à apprécier si un écart est inhabituel.
  • Compatible ne signifie pas prouvé ; très improbable ne signifie pas impossible.
  • Conclure avec des arguments et vérifier les conditions de l’expérience.

Les mots de la leçon

Modèle
Description simplifiée d’une situation, fondée sur des hypothèses et permettant de prévoir des résultats.
Fréquence
Quotient du nombre d’apparitions d’un résultat par le nombre total d’essais observés.
Probabilité
Nombre compris entre zéro et un qui mesure la chance qu’un événement se produise dans un modèle.
Fluctuation
Variation des résultats ou des fréquences entre des séries d’expériences réalisées dans les mêmes conditions.
Simulation
Expérience réalisée à l’aide d’un outil, souvent informatique, pour reproduire le fonctionnement d’un modèle.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape

RegardeUn modèle prévoit autant de chances d’obtenir rouge que bleu : une série contenant davantage de rouge ne suffit pas à le contredire, car le hasard produit des écarts. En revanche, si ce modèle exclut totalement le vert et qu’un résultat vert est confirmé, cette observation est incompatible avec le modèle.

Un simulateur est censé reproduire un sac contenant uniquement des jetons rouges et bleus. Plusieurs séries présentent des proportions différentes de rouge, puis une série contient un jeton vert. Les résultats affichés ont été vérifiés. Que peux-tu conclure ?

  1. Repère ce que le modèle autorise : chaque jeton obtenu doit être rouge ou bleu.Pour évaluer un modèle, il faut d’abord connaître ses hypothèses.
  2. Ne rejette pas le modèle seulement parce que les proportions de rouge changent entre les séries.Des proportions différentes peuvent simplement venir du hasard.
  3. Examine séparément l’apparition du jeton vert.Le vert n’est pas seulement rare dans ce modèle : il est impossible.
  4. Conclus que les résultats vérifiés sont incompatibles avec le modèle annoncé.Une issue exclue par le modèle a été observée. Le simulateur ne respecte donc pas ce modèle, même si les autres séries semblaient lui correspondre.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
Ce que votre enfant apprend
Confronter plusieurs observations ou simulations aux hypothèses d’un modèle connu, puis rédiger une conclusion argumentée distinguant incompatibilité et simple fluctuation.
Au programme
3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
Combien de temps
Environ 30 minutes, en une fois ou en plusieurs.

Comment l'accompagner

  • Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
  • Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
  • Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.

Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers