Mathématiques · 3e · environ 25 min
Analyser la fiabilité d’un message statistique
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Observe le titre, les unités, les graduations et le début de l’axe. Lis les valeurs écrites avant de comparer les hauteurs. Imagine ensuite les mêmes barres sur un axe qui part de zéro : l’impression reste-t-elle la même ? Vérifie aussi que les catégories concernent la même période et la même population.
Un axe qui ne commence pas à zéro n’est pas forcément trompeur : il peut montrer de petites variations. Il faut toutefois annoncer clairement son échelle et ne pas confondre hauteur visible et valeur représentée.
Recopie chaque affirmation sur un papier séparé. Prépare des zones « vérifiable avec les données », « information manquante » et « appréciation personnelle ». Place chaque papier, puis explique ton choix. Une phrase qui mélange un effectif exact et un jugement doit être découpée avant d’être classée.
Une affirmation vérifiable n’est pas automatiquement vraie : il reste à contrôler sa source et son calcul. Une appréciation personnelle peut être intéressante, mais elle ne devient pas un fait statistique.
Pars de la conclusion annoncée et demande-toi ce qu’il faudrait pour la prouver. Retrouve ensuite les données nécessaires : source, date, personnes concernées et total de référence. Refais le calcul adapté. Termine par une phrase qui indique ce qui est confirmé, ce qui reste inconnu et ce qui relève d’un avis.
Un calcul correct ne répare pas des données mal choisies. Sans information sur la manière dont les réponses ont été recueillies, tu dois limiter ta conclusion aux personnes interrogées.
Les pièges
Comparer seulement les effectifs alors que les groupes n’ont pas la même taille.
Tu as comparé les nombres de réponses. Relie maintenant chaque nombre au total de son groupe, puis compare les fractions obtenues.
Prendre la hauteur visible d’une barre pour la valeur complète.
Ton regard a suivi les hauteurs. Lis les graduations et les valeurs indiquées pour vérifier l’impression donnée par le dessin.
Étendre un résultat à toute une population ou transformer une mesure en jugement.
Garde le résultat vérifié, puis précise de qui il parle. Sépare ensuite ce résultat des appréciations qui demanderaient d’autres preuves.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Un message statistique utilise des données chiffrées pour informer ou convaincre. Pour savoir si on peut lui faire confiance, il faut vérifier les données, les calculs et leur présentation, puis distinguer les faits des opinions.
Le cours
Commence par identifier la source du message, la date des données et la question étudiée. Repère la population concernée, le nombre de personnes ou d’objets observés, la période et le lieu. Si seule une partie de la population a été interrogée, demande-toi comment elle a été choisie : des réponses volontaires ne représentent pas forcément l’ensemble de la population.
Vérifie les calculs et leur signification. Une proportion compare une partie à un ensemble ; un pourcentage exprime cette proportion sur cent. Pour calculer un pourcentage d’une quantité, on multiplie cette quantité par le taux, puis on divise par cent. Pour calculer un taux d’évolution, on divise la différence entre la valeur finale et la valeur initiale par la valeur initiale, puis on multiplie par cent. La différence entre deux pourcentages s’exprime en points de pourcentage. Vérifie aussi les unités et les arrondis.
Examine la représentation : titre, légende, axes, unités, graduations et éventuelle coupure d’axe. Des graduations irrégulières ou un axe tronqué peuvent modifier l’impression visuelle. Dans un diagramme en barres, un axe qui ne commence pas à zéro peut notamment exagérer les écarts. Appuie-toi sur les valeurs indiquées plutôt que sur la seule apparence du graphique.
Vérifie que la conclusion respecte le périmètre des données. On ne peut pas étendre automatiquement les réponses d’un groupe à toute une population, ni comparer directement des effectifs provenant de groupes de tailles différentes. Une moyenne ne décrit pas toutes les valeurs d’une série. Enfin, deux phénomènes qui évoluent ensemble ne prouvent pas que l’un est la cause de l’autre.
Sépare les faits vérifiables des appréciations subjectives. Un effectif, un calcul ou une date peuvent être contrôlés ; des mots comme « formidable », « inquiétant » ou « spectaculaire » expriment une appréciation lorsqu’aucun critère précis n’est donné. Pour rédiger un commentaire argumenté, indique ce qui est établi, justifie-le avec les données et les calculs, puis précise les limites. Un calcul juste ne suffit pas à rendre toute la conclusion fiable.
Des exemples
Sur le site d’un collège, 375 élèves répondent volontairement à un questionnaire. Parmi eux, 68 % souhaitent davantage d’activités sportives. Le message publié affirme : « Les élèves du collège réclament davantage de sport. » Que peut-on réellement conclure ?
Le calcul donne 375 × 68 ÷ cent = 255. Ainsi, 255 élèves parmi les répondants souhaitent davantage d’activités sportives. Ce résultat concerne les répondants, pas nécessairement tous les élèves du collège : la participation était volontaire. Le calcul est vérifiable, mais la conclusion publiée dépasse ce que les données permettent d’affirmer.
La fréquentation d’une médiathèque passe de 459 à 486 visites entre les périodes comparées. Un diagramme en barres dont l’axe vertical est tronqué accompagne le titre : « Une hausse spectaculaire ! » Comment analyser ce message ?
La hausse est de 486 − 459 = 27 visites. C’est un fait vérifiable si la source et les périodes sont précisées. L’axe tronqué peut amplifier visuellement l’écart : il faut donc lire les valeurs. Le mot « spectaculaire » reste une appréciation en l’absence de critère annoncé ; le calcul ne suffit pas à la justifier.
Dans des enquêtes portant sur la même population et utilisant la même question, la part des personnes satisfaites passe de 47 % à 62 %. Un commentaire annonce : « La satisfaction progresse de 62 − 47 pour cent : un résultat formidable ! » Cette formulation est-elle correcte ?
La différence vaut 62 − 47 = 15. La part des personnes satisfaites a donc augmenté de 15 points de pourcentage, et non de 15 %. Un taux d’évolution se calcule en rapportant la différence à la valeur initiale. Le mot « formidable » exprime une appréciation subjective. Avant de conclure, il faut aussi vérifier que les personnes interrogées ont été choisies de manière comparable.
À retenir
- Identifier la source, la date, la population et la méthode de collecte.
- Vérifier les calculs, les unités et la quantité prise comme référence.
- Ne pas confondre pourcentage d’évolution et points de pourcentage.
- Lire les axes et les graduations avant d’interpréter un graphique.
- Ne pas généraliser au-delà des données ni confondre lien et cause.
- Distinguer les faits vérifiables des opinions et justifier son commentaire.
Les mots de la leçon
- Population
- Ensemble des personnes ou des objets sur lesquels porte une étude statistique.
- Échantillon
- Partie d’une population effectivement observée ou interrogée pour une étude.
- Effectif
- Nombre de personnes ou d’objets correspondant à une catégorie ou à l’ensemble étudié.
- Fréquence
- Quotient de l’effectif d’une catégorie par l’effectif total. Elle peut être exprimée en pourcentage.
- Objectif
- Qui repose sur des faits ou des critères vérifiables, indépendamment d’une opinion personnelle.
- Subjectif
- Qui dépend d’un jugement, d’une préférence ou d’un ressenti personnel.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeUn graphique peut donner une impression spectaculaire simplement parce que son axe commence très haut. Avant de reprendre un message chiffré, vérifie le calcul, regarde qui a été interrogé et distingue ce que les données montrent de ce que l’auteur en pense.
Une association interroge 30 visiteurs de son exposition. Parmi eux, 18 disent avoir apprécié la visite. Elle publie : « La majorité des habitants apprécie notre exposition : c’est la meilleure de la région ! » Examine ce message.
- Repère la population réellement interrogée : les visiteurs qui ont répondu, et non l’ensemble des habitants.Les réponses des visiteurs ne suffisent pas à décrire l’avis de tous les habitants.
- Vérifie la majorité en comparant 18 à 30 ÷ 2. Le nombre de réponses favorables dépasse la moitié des réponses.Le mot « majorité » convient aux personnes interrogées, mais le calcul ne permet pas d’élargir le résultat à toute la population.
- Isole l’affirmation « c’est la meilleure de la région ».Aucune comparaison avec les autres expositions ni aucun critère de classement n’est fourni. Cette appréciation n’est pas établie par le sondage.
- Propose ce commentaire : « Une majorité des visiteurs interrogés dit avoir apprécié la visite. Ce sondage ne permet pas de connaître l’avis de tous les habitants ni de classer les expositions de la région. »Tu conserves le fait vérifiable et tu précises ce que les données ne permettent pas de conclure.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Examiner une information chiffrée et sa représentation, vérifier les calculs et le périmètre des données, puis séparer faits vérifiables et appréciations subjectives dans un commentaire argumenté.
- Au programme
- 3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 25 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers