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Mathématiques · 3e · environ 25 min

Étudier une conjecture à partir d’un modèle algébrique

Je m'entraîne

Un atelier prépare 4 sachets rouges et 9 sachets bleus. Chaque sachet contient x perles, avec x entier strictement positif. Écris le nombre total de perles sous la forme d’une somme, puis réduis cette somme en un seul terme.

S'entraîner : une série dédiée, en paliersRituel : Calcul mental

Explique-moi autrement

Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.

Dessine un rectangle de largeur x et de longueur x + t. Coupe-le en un carré de côté x et une bande de dimensions x et t. Son aire s’écrit donc x² + xt. La bande montre directement ce que le rectangle possède en plus du carré.

Ce dessin représente des longueurs strictement positives. Il ne justifie pas une affirmation portant sur des nombres négatifs.

Les pièges

  • Déclarer une conjecture vraie après plusieurs essais réussis.

    Tes essais donnent une piste. Garde maintenant la lettre et cherche une transformation qui explique pourquoi l’affirmation serait toujours vraie.

  • Utiliser une valeur interdite comme contre-exemple.

    Vérifie d’abord ce que représente la lettre : une longueur, un nombre d’objets ou un nombre quelconque. Choisis ensuite une valeur autorisée.

  • Donner un calcul sans expliquer ce qu’il prouve.

    Ajoute une phrase qui compare ton résultat à ce qui était annoncé, puis indique si tu as une preuve générale, un contre-exemple ou seulement un essai.

Je me teste

2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.

La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer

La leçon

Ce qu'il faut savoir

Un modèle algébrique permet de traduire une situation par des expressions contenant des lettres. On l’utilise pour étudier une conjecture : déterminer si une affirmation est vraie grâce à une preuve, ou montrer qu’elle est fausse grâce à un contre-exemple.

Le cours

  1. Pour construire un modèle, choisis une lettre et précise ce qu’elle représente, avec son unité si nécessaire. Traduis ensuite les informations de l’énoncé par des expressions littérales, une égalité ou une inégalité. Une même lettre représente toujours la même quantité dans tout le raisonnement.

  2. Précise les valeurs admissibles : ce sont les valeurs autorisées par la situation et par les calculs. Un nombre d’objets est un entier positif ou nul ; une longueur est strictement positive ; un dénominateur ne peut pas être nul. Une valeur obtenue par le calcul n’est une solution du problème que si elle est admissible.

  3. Une conjecture est une affirmation dont on cherche à savoir si elle est vraie. Commence par la traduire avec le modèle et repère sa portée : concerne-t-elle toutes les valeurs admissibles, ou seulement l’existence d’une valeur particulière ? Des essais numériques peuvent aider à comprendre la situation, mais plusieurs essais réussis ne prouvent pas une affirmation portant sur toutes les valeurs.

  4. Pour prouver qu’une affirmation est vraie pour toutes les valeurs admissibles, raisonne avec une lettre représentant une valeur quelconque. Utilise des égalités justifiées : développement, réduction, factorisation ou comparaison des expressions. Par exemple, montrer que la différence de deux expressions est nulle prouve leur égalité ; montrer qu’elle est positive ou nulle permet de les comparer.

  5. Pour réfuter une affirmation portant sur toutes les valeurs admissibles, un seul contre-exemple suffit : choisis une valeur autorisée, effectue les calculs et montre que l’affirmation échoue. Si tu résous une équation pour étudier une conjecture, vérifie ensuite que les solutions conviennent à la situation. Termine toujours par une conclusion qui répond précisément à la conjecture.

Des exemples

  • Un atelier achète 7 carnets pour une salle et 13 carnets pour une autre, tous au même prix unitaire x euros. On conjecture que le coût total est égal à (7 + 13) × x euros, quel que soit le prix unitaire positif ou nul. Construis le modèle et étudie cette conjecture.

    La lettre x représente le prix d’un carnet en euros ; ses valeurs admissibles sont les nombres positifs ou nuls. Le coût total est 7x + 13x. Par distributivité, 7x + 13x = (7 + 13)x = 20x. Cette égalité est vraie pour toute valeur admissible de x : la conjecture est donc prouvée, et pas seulement vérifiée sur quelques prix.

  • On conjecture que, pour tout nombre réel x, on a x^2 ≥ x. Étudie cette affirmation en prenant x = 0,7.

    Le nombre 0,7 est admissible puisque la conjecture concerne tous les nombres réels. Pour cette valeur, x^2 = 49/100. Or 49/100 < 0,7 : l’inégalité annoncée n’est donc pas respectée. La valeur 0,7 est un contre-exemple, ce qui suffit à réfuter la conjecture.

  • Une salle propose un tarif A : 24 euros d’inscription puis 9 euros par séance. Le tarif B demande 51 euros d’inscription puis 6 euros par séance. On conjecture qu’il existe un nombre entier de séances pour lequel les coûts sont égaux. Étudie cette conjecture.

    On note n le nombre de séances : n doit être un entier positif ou nul. Les coûts, en euros, sont A(n) = 9n + 24 et B(n) = 6n + 51. Ils sont égaux exactement lorsque 9n + 24 = 6n + 51, soit (9 − 6)n = 51 − 24. La résolution donne n = 9. Cette valeur est un entier positif ou nul : elle est admissible. La conjecture est donc vraie, et les tarifs sont égaux uniquement pour 9 séances.

À retenir

  • Définis chaque lettre et précise les valeurs admissibles.
  • Traduis la situation et la conjecture par des expressions mathématiques.
  • Des essais réussis ne prouvent pas une affirmation générale.
  • Une preuve générale doit couvrir toutes les valeurs admissibles.
  • Un seul contre-exemple admissible suffit à réfuter une affirmation générale.
  • Vérifie les solutions obtenues et conclus dans le contexte du problème.

Les mots de la leçon

Modèle algébrique
Traduction d’une situation à l’aide de lettres, d’expressions, d’égalités ou d’inégalités.
Conjecture
Affirmation que l’on pense vraie, mais qui reste à prouver ou à réfuter.
Valeur admissible
Valeur autorisée à la fois par la situation étudiée et par les opérations utilisées.
Contre-exemple
Cas autorisé dans lequel une affirmation générale est fausse, et qui suffit donc à la réfuter.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape

RegardeUne conjecture est une affirmation que tu cherches à prouver ou à réfuter. Pour des carrés de côté x strictement positif, l’affirmation « doubler le côté double l’aire » est fausse : l’aire passe de x² à (2x)² = 4x². Le modèle permet ici de conclure pour toutes les longueurs admissibles, et pas seulement pour quelques exemples.

Un rectangle a pour largeur x et pour longueur x + t, où x et t sont des longueurs strictement positives. Lina affirme : « Son aire dépasse toujours celle du carré de côté x. » Construis le modèle et décide si cette conjecture est vraie.

  1. Les valeurs admissibles sont x > 0 et t > 0.Les longueurs du rectangle et du carré doivent être strictement positives.
  2. L’aire du rectangle est R = x(x + t). Celle du carré est C = x².L’aire d’un rectangle est le produit de sa longueur par sa largeur.
  3. On compare les aires en calculant leur différence : R − C = x(x + t) − x² = xt.Le signe de cette différence indique quelle aire est la plus grande.
  4. Comme x et t sont strictement positifs, xt > 0. Donc R > C : la conjecture est vraie pour toutes les valeurs admissibles.Le raisonnement porte sur toutes les longueurs autorisées : c’est une preuve générale.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
Ce que votre enfant apprend
Construire le modèle littéral d’une situation, préciser les valeurs admissibles et décider d’une conjecture par une preuve générale ou un contre-exemple pertinent.
Au programme
3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
Combien de temps
Environ 25 minutes, en une fois ou en plusieurs.

Comment l'accompagner

  • Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
  • Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
  • Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.

Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers