Français · 3e · environ 30 min
Reconnaître et écrire un texte d’imitation
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Dans le modèle, souligne les mots des vêtements et de la couture. Encadre les débuts « La mer ». Entoure les gestes humains accomplis par la mer. Fais ensuite les mêmes repérages dans l’imitation : tu dois pouvoir retrouver les trois ressemblances.
Ces trois repères conviennent au modèle proposé. Un autre modèle peut utiliser d’autres mots et d’autres façons d’écrire.
Prépare trois groupes d’étiquettes : des débuts comme « La ville », des gestes comme « brode » ou « tricote », puis des images comme « des chemins de lumière ». Assemble une ligne et vérifie qu’elle a un sens. Recommence jusqu’à obtenir huit lignes différentes, en gardant le même début mais en variant les gestes et les images.
L’assemblage aide à construire les lignes, mais toutes les combinaisons ne sont pas réussies : chaque image doit rester compréhensible.
Compare deux essais au modèle. Un essai qui reprend une phrase entière ne transforme pas assez le texte. Si l’autre change seulement le sujet en abandonnant toutes les façons d’écrire du modèle, il ne l’imite pas vraiment non plus. Cherche un équilibre entre des formulations nouvelles et trois ressemblances précises.
Un mot commun au modèle n’est pas forcément une copie. C’est la reprise des phrases et des images entières qu’il faut éviter ici.
Les pièges
Recopier une phrase entière pour montrer qu’on imite le modèle.
Tu as bien repéré une phrase importante. Garde sa façon de fonctionner, puis change le sujet et l’image pour construire ta propre ligne.
Conserver seulement le thème du modèle.
Le sujet est proche. Cherche maintenant trois ressemblances dans les mots et la construction des phrases.
Croire qu’une seule ressemblance suffit.
Tu as trouvé un premier indice. Vérifie aussi le début répété et les gestes humains attribués à une chose ou à un lieu.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Un texte d’imitation reprend des caractéristiques reconnaissables d’un texte modèle pour créer un texte nouveau. On s’en sert pour comprendre comment un auteur écrit et pour enrichir sa propre écriture en expérimentant ses choix de mots et ses procédés.
Le cours
Pour imiter un texte, tu gardes certains traits de son écriture et tu inventes une autre scène, d’autres personnages ou d’autres idées. Cela demande autre chose que de le recopier ou de remplacer quelques mots par des synonymes : tu reprends sa manière d’écrire, sans reproduire son contenu à l’identique.
Les reprises lexicales concernent le vocabulaire. Un texte d’imitation peut reprendre un champ lexical, c’est-à-dire des mots liés à un même thème : « vague », « courant » et « écume » appartiennent ainsi au champ lexical de l’eau. Il peut aussi conserver des associations de mots, des contrastes ou un niveau de langue présents dans le modèle, sans réutiliser toutes ses expressions.
Les reprises stylistiques concernent la manière de construire le texte : phrases brèves ou longues, répétitions, énumérations, comparaisons, métaphores ou personnifications. Par exemple, répéter une expression au début de plusieurs phrases crée une anaphore ; donner à un objet un comportement humain crée une personnification. Ces procédés contribuent au rythme et à l’atmosphère du texte.
Pour reconnaître une imitation, il faut comparer précisément le modèle et le nouveau texte. Chaque rapprochement doit s’appuyer sur des éléments observables dans les deux textes : des mots d’un même champ lexical, une construction répétée ou une même figure de style. Trois reprises distinctes doivent correspondre à trois caractéristiques identifiables, et non à trois mots relevant tous du même champ lexical. Un sujet commun ne suffit pas à prouver l’imitation.
Pour produire huit lignes d’imitation, on repère d’abord les réseaux de mots, les procédés et l’effet dominant du modèle : calme, inquiétude, ironie, émerveillement… On choisit ensuite une situation nouvelle dans laquelle réemployer plusieurs de ces caractéristiques. On rédige huit lignes cohérentes, puis on vérifie que les ressemblances sont reconnaissables, que les formulations restent personnelles et que le texte ne se réduit pas à une liste de procédés.
Des exemples
Texte modèle : « Déjà la ville flottait dans la nuit. Déjà les fenêtres semaient leur écume de lumière. Les rues portaient un flot de passants. Au carrefour, une vieille horloge retenait son souffle. »
Ce modèle associe le champ lexical de l’eau (« flottait », « écume », « flot »), une anaphore (« Déjà » au début des deux premières phrases) et une personnification de l’horloge qui « retenait son souffle ». Ces trois caractéristiques constituent des points d’appui distincts pour reconnaître ou produire une imitation.
Texte d’imitation en huit lignes : Bientôt la gare serait noyée de soleil. Bientôt une marée de voyageurs envahirait les quais. Les valises dérivaient entre les bancs. Un courant de manteaux traversait le hall. La grande pendule bâillait au-dessus des guichets. Les haut-parleurs s’éclaircirent la voix. Un dernier remous agita la foule. Puis le train emporta cette rivière vers les collines.
On reconnaît trois reprises du modèle : le champ lexical de l’eau (« marée », « dérivaient », « courant », « remous », « rivière »), l’anaphore construite avec « Bientôt » et la personnification de la pendule qui « bâillait ». La scène se déroule désormais dans une gare au matin et les formulations sont nouvelles : le texte imite une manière d’écrire sans recopier le modèle.
Reprise trop proche : « Déjà le village flottait dans la nuit. » Reprise plus personnelle : « Une marée de bicyclettes submergeait la cour du collège. »
La première phrase conserve presque toute la formulation du modèle et ne change qu’un nom. La seconde réemploie le champ lexical de l’eau dans une scène nouvelle : elle reprend un trait d’écriture plutôt que la phrase elle-même.
À retenir
- Imiter, c’est reprendre une manière d’écrire pour créer un texte nouveau.
- Observer le vocabulaire, les constructions, les figures de style et le rythme.
- Justifier trois reprises distinctes par des éléments précis des deux textes.
- Un même sujet ne suffit pas à établir une imitation.
- Pour écrire huit lignes, conserver des traits du modèle et inventer une scène personnelle.
- Relire pour vérifier la cohérence, les reprises choisies et l’absence de copie.
Les mots de la leçon
- Champ lexical
- Ensemble de mots qui se rapportent à un même thème, même s’ils appartiennent à des classes grammaticales différentes.
- Procédé stylistique
- Manière d’utiliser les mots ou de construire les phrases pour produire un effet sur le lecteur.
- Anaphore
- Répétition d’un même mot ou groupe de mots au début de plusieurs phrases ou propositions.
- Personnification
- Figure de style qui attribue des caractéristiques ou des comportements humains à un objet, un animal ou une idée.
- Métaphore
- Figure de style qui rapproche deux réalités sans outil de comparaison : dans « une marée de voyageurs », la foule est présentée comme une masse d’eau.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeImiter un texte, c’est reprendre sa manière d’écrire sans recopier ses phrases. Repère trois ressemblances précises : par exemple, des mots liés à la couture, un même début de phrase répété et des actions humaines attribuées à une chose. Pour écrire huit lignes, conserve ces trois idées, mais change le sujet, les images et les formulations.
Lis ce court texte : La mer déplie son manteau d’écume. La mer coud des perles aux rochers. La mer habille le soir de voiles. Comment construire une imitation de huit lignes sur la ville en reprenant trois façons d’écrire du modèle, sans recopier ses phrases ?
- Je repère les mots « manteau », « coud », « habille » et « voiles » : ils évoquent les vêtements et la couture.Ces mots forment un réseau que je peux retrouver avec d’autres mots, comme « ourlet », « brode » ou « doublure ».
- Je remarque que chaque ligne commence par « La mer ».Je peux conserver cette répétition en commençant mes lignes par « La ville ».
- Je remarque que la mer agit comme une personne : elle déplie, coud et habille.Ma ville pourra, elle aussi, accomplir des gestes humains.
- Je construis ces huit lignes : La ville boutonne ses fenêtres au matin. La ville brode des étincelles sur les quais. La ville ourle les trottoirs de lumière. La ville tisse des chemins entre les places. La ville ajuste aux toits un col de brume. La ville tricote une écharpe de fumée. La ville rapièce le silence des cours. La ville glisse la nuit dans sa doublure.Les huit lignes reprennent le réseau des vêtements et de la couture, la répétition du début et les gestes humains. Le sujet et les images changent : aucune phrase du modèle n’est recopiée.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Identifier dans un texte d’imitation trois reprises lexicales ou stylistiques d’un modèle, puis produire huit lignes imitant ses réseaux de mots et ses procédés sans le recopier.
- Au programme
- 3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 30 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers