Français · 3e · environ 30 min
Employer le lexique de la poésie et de l’argumentation
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Observe d’abord les indices visibles : un même début revient sur plusieurs lignes, plusieurs éléments se suivent dans une liste, une phrase se termine par un point d’interrogation. Ces indices orientent respectivement vers une anaphore, une énumération ou une question à examiner.
Un signe visible ne suffit pas toujours : une question n’est rhétorique que si elle cherche à faire réfléchir ou à convaincre sans demander réellement une information.
Pour distinguer thèse, argument et exemple, pose trois questions : « Que veut-on me faire admettre ? », « Pour quelle raison ? », « Quel cas précis le montre ? ». Les réponses correspondent à la thèse, à l’argument et à l’exemple.
Ces trois éléments ne suivent pas toujours cet ordre dans un texte. Il faut chercher leur rôle, pas seulement leur position.
Compare « Sa colère est un volcan » et « Le volcan murmure ». Dans la première phrase, la colère est rapprochée d’un volcan sans outil de comparaison : c’est une métaphore. Dans la seconde, un élément naturel accomplit une action humaine : c’est une personnification.
Une personnification peut aussi fonctionner comme une métaphore. Pour les distinguer ici, cherche surtout si une chose reçoit une capacité humaine.
Commence par une observation sur le texte. Nomme ensuite le procédé, cite quelques mots qui le prouvent, puis explique ce qu’il souligne ou fait imaginer. Pour un texte argumentatif, présente d’abord la thèse avant d’examiner les moyens employés pour convaincre.
Ne donne pas automatiquement le même effet à un procédé : une répétition peut insister sur une joie, une peur ou une revendication selon le contexte.
Les pièges
Confondre une rime et une anaphore.
Regarde où se trouve le retour : des mots au début des vers orientent vers l’anaphore ; des sons à la fin orientent vers la rime.
Inverser la thèse et l’argument.
Demande-toi d’abord ce que l’auteur veut faire admettre, puis pourquoi il veut le faire admettre.
Nommer un procédé sans expliquer son rôle dans le texte.
Ajoute une courte citation et explique ce qu’elle souligne. Appuie ton interprétation sur les mots du texte.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Le lexique de la poésie et de l’argumentation permet de décrire précisément un texte et d’expliquer ses effets sur le lecteur. On l’utilise pour analyser un poème, comprendre comment un auteur défend une idée et rédiger un commentaire appuyé sur des citations.
Le cours
Pour analyser un texte, il faut distinguer ce qu’il dit et la manière dont il le dit. Un procédé est un moyen d’expression choisi par l’auteur : une répétition, une image, une opposition ou une organisation particulière des phrases. Une analyse complète nomme le procédé, cite un passage qui le montre et explique son effet dans le contexte. Il ne suffit donc pas de dresser une liste de termes techniques.
Dans un poème, on observe d’abord la forme. Un vers est une ligne du poème ; une strophe est un groupe de vers. Le mètre correspond au nombre de syllabes d’un vers régulier : l’alexandrin en compte douze. Les rimes sont des retours de sons à la fin des vers ; elles peuvent être plates, croisées ou embrassées. Les vers libres ne suivent pas un mètre régulier ni un schéma de rimes fixe. Le rythme dépend notamment des pauses et des répétitions. Un enjambement prolonge une phrase au-delà de la fin d’un vers, sans pause forte à cet endroit.
Les figures de style se rencontrent en poésie comme dans l’argumentation. La comparaison rapproche deux éléments avec un outil tel que « comme » ; la métaphore les rapproche sans cet outil. La personnification attribue des caractéristiques humaines à une réalité non humaine. L’anaphore répète un mot ou un groupe de mots au début de plusieurs vers ou phrases. L’énumération présente une succession d’éléments ; l’antithèse rapproche des idées opposées. Une allitération répète un son consonne, tandis qu’une assonance répète un son voyelle. Leurs effets dépendent du passage : insistance, contraste, musicalité ou création d’une image.
Dans un texte argumentatif, l’auteur défend une thèse, c’est-à-dire une position sur un sujet. Il la soutient par des arguments, qui donnent des raisons de l’admettre, et par des exemples, qui les illustrent concrètement. Les connecteurs logiques indiquent les relations entre les idées : cause, conséquence, opposition ou ajout. L’auteur peut convaincre en faisant appel au raisonnement et persuader en sollicitant les émotions. Il peut employer une question rhétorique, dont la réponse est suggérée, faire une concession en reconnaissant une partie de l’avis adverse, ou proposer une réfutation pour contester cet avis.
Pour rédiger deux paragraphes d’analyse, on peut consacrer le premier au poème et le second au texte argumentatif. Dans chacun, on présente l’idée principale, puis on relie les procédés à des citations courtes et à leurs effets. Pour identifier six procédés, on peut par exemple relever trois procédés dans chaque texte. On emploie ensuite au moins huit termes spécialisés à bon escient : les mots « strophe » et « thèse » peuvent compléter les noms des procédés, mais ils ne désignent pas eux-mêmes des procédés. Chaque terme doit aider à comprendre le texte, et non simplement apparaître dans le paragraphe.
Des exemples
La ville dort sous un manteau de brume. La ville attend le retour du matin. Le vent murmure et la rivière écume. Un soleil neuf éclaire le chemin.
Ce poème forme une strophe de quatre vers aux rimes croisées : « brume » rime avec « écume », et « matin » avec « chemin ». Trois procédés se distinguent : l’anaphore de « La ville », la personnification de la ville qui « dort » et la métaphore du « manteau de brume ».
Dans cette strophe de quatre vers, les rimes croisées relient les images du paysage. L’anaphore de « La ville » place celle-ci au centre du poème. La personnification « La ville dort » lui donne une présence humaine, tandis que la métaphore du « manteau de brume » présente le brouillard comme une enveloppe protectrice. Ces procédés composent une scène calme avant l’arrivée du jour.
Ce paragraphe d’analyse emploie précisément les termes « strophe », « vers », « rimes croisées », « anaphore », « personnification » et « métaphore ». Il suit la règle : nommer les procédés, citer les passages concernés et expliquer leurs effets.
Notre quartier doit conserver son jardin public. Faut-il vraiment remplacer les arbres par du béton ? Les habitants viennent y jouer, se rencontrer ou se promener. Ils y trouvent de la fraîcheur plutôt que de la chaleur. Un parking serait pratique, mais préserver cet espace profite à tous les habitants.
La thèse défend la conservation du jardin ; les usages du lieu et la fraîcheur constituent des arguments. Le texte emploie notamment trois procédés : la question rhétorique, l’énumération des activités et l’antithèse entre « fraîcheur » et « chaleur ».
L’auteur défend la conservation du jardin public. Son argument porte sur l’utilité collective du lieu, qu’il illustre par l’énumération « les jeux, les rencontres, les promenades ». Avec la question rhétorique « Faut-il vraiment remplacer les arbres par du béton ? », il invite le lecteur à refuser le projet. L’antithèse entre « fraîcheur » et « chaleur » souligne un autre avantage du jardin. La concession « Certes, un parking serait pratique » reconnaît ensuite un intérêt au projet adverse. Le connecteur d’opposition « mais » qui la suit réaffirme toutefois la priorité donnée au jardin.
Ce second paragraphe relie le vocabulaire de l’argumentation aux choix d’écriture et à leurs effets. Avec le paragraphe consacré au poème, il analyse six procédés distincts et utilise correctement plus de huit termes spécialisés.
À retenir
- Analyser, c’est nommer un procédé, citer le texte et expliquer un effet précis.
- En poésie, observer la forme, le rythme, les sonorités et les images.
- Dans l’argumentation, distinguer la thèse, les arguments et les exemples.
- Une même figure de style peut apparaître dans un poème et dans un texte argumentatif.
- Un effet se justifie par le contexte : un procédé ne produit pas toujours le même effet.
- Dans les deux paragraphes, employer au moins huit termes précis et expliquer les six procédés relevés.
Les mots de la leçon
- Procédé
- Moyen d’expression employé dans un texte et dont on peut analyser l’effet.
- Vers
- Ligne d’un poème, organisée notamment par le rythme et parfois par un nombre régulier de syllabes.
- Strophe
- Groupe de vers généralement séparé des autres par un espace.
- Mètre
- Nombre de syllabes d’un vers régulier : huit pour un octosyllabe, dix pour un décasyllabe, douze pour un alexandrin.
- Rime
- Retour de sons à la fin des vers. Les rimes plates suivent le schéma AABB, les rimes croisées ABAB et les rimes embrassées ABBA.
- Enjambement
- Prolongement d’une phrase au-delà de la fin d’un vers, sans pause forte à cette limite.
- Figure de style
- Procédé d’expression qui donne une force particulière à une idée, une image ou une émotion.
- Comparaison
- Rapprochement de deux éléments à l’aide d’un outil de comparaison, comme « comme », « tel » ou « semblable à ».
- Métaphore
- Rapprochement de deux réalités sans outil de comparaison.
- Personnification
- Attribution de caractéristiques humaines à un objet, un animal, une idée ou un élément naturel.
- Anaphore
- Répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de plusieurs vers, phrases ou propositions.
- Énumération
- Succession de plusieurs éléments dans un même passage.
- Antithèse
- Rapprochement de deux idées opposées pour souligner leur contraste.
- Allitération
- Répétition d’un même son consonne dans des mots proches.
- Assonance
- Répétition d’un même son voyelle dans des mots proches.
- Thèse
- Position défendue par l’auteur sur un sujet.
- Argument
- Raison avancée pour soutenir une thèse.
- Exemple
- Cas concret qui illustre ou appuie un argument.
- Connecteur logique
- Mot ou expression qui indique une relation entre les idées, comme « car », « donc », « mais » ou « de plus ».
- Convaincre
- Chercher à faire adhérer à une idée en faisant appel au raisonnement.
- Persuader
- Chercher à faire adhérer à une idée en sollicitant notamment les émotions et les valeurs.
- Question rhétorique
- Question qui n’attend pas de véritable réponse et suggère une idée au lecteur.
- Concession
- Fait de reconnaître un point de vue ou un argument adverse avant de maintenir sa propre position.
- Réfutation
- Démarche qui consiste à contester une thèse ou un argument en montrant ses limites ou ses erreurs.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardePour analyser un texte, nomme précisément le procédé, cite les mots qui le montrent et explique leur effet. En poésie, distingue notamment l’anaphore, la métaphore et la personnification ; dans l’argumentation, repère aussi la concession, l’énumération et la question rhétorique. Une thèse est l’idée défendue, un argument la soutient et un exemple l’illustre.
Lis ce court texte : « Je garde un soleil au fond de ma poche. Je garde un été quand le froid s’approche. Le vent me confie un secret du matin. Et l’aube sourit au bord du chemin. » Lis ce court texte : « Certes, ouvrir une salle de lecture demande de l’argent. Mais notre quartier devrait en posséder une : chacun pourrait y lire au calme. Qui voudrait renoncer à un lieu accueillant pour tous ? On y trouverait des romans, des journaux et des bandes dessinées. Par exemple, les habitants pourraient y consulter le journal local chaque matin. » Repère trois procédés dans chaque texte, puis observe comment construire deux paragraphes d’analyse avec des termes précis.
- Dans le poème, « Je garde » apparaît au début de deux vers successifs : c’est une anaphore.Une anaphore répète un mot ou un groupe de mots au début de plusieurs vers ou phrases. Ici, elle insiste sur ce que le personnage conserve en lui.
- « Un soleil au fond de ma poche » est une métaphore.Le soleil représente ici une lumière ou une chaleur intérieure, sans outil de comparaison comme « tel » ou « comme ».
- « Le vent me confie un secret » est une personnification.Le vent reçoit une capacité humaine : confier un secret. Le paysage semble ainsi devenir un compagnon.
- Dans le texte argumentatif, « Certes, ouvrir une salle de lecture demande de l’argent » introduit une concession.L’auteur reconnaît une difficulté qui pourrait soutenir l’avis opposé, avant de défendre son projet avec « Mais ».
- « Qui voudrait renoncer à un lieu accueillant pour tous ? » est une question rhétorique.L’auteur n’attend pas une information : il cherche à faire admettre qu’un tel lieu serait souhaitable.
- « Des romans, des journaux et des bandes dessinées » forme une énumération.La succession de trois catégories de lectures souligne la diversité de ce qui serait proposé.
- Premier paragraphe d’analyse : « Dans cette strophe de quatre vers, l’anaphore “Je garde” insiste sur la volonté de préserver une présence réconfortante. La métaphore du “soleil” dans la poche évoque une chaleur intérieure. La personnification du vent, qui “confie un secret”, rend la nature complice du personnage. Les rimes “poche / s’approche” et “matin / chemin” relient les vers deux à deux. »Le paragraphe emploie six termes spécialisés : strophe, vers, anaphore, métaphore, personnification et rimes. Chaque procédé est associé à une citation ou à une observation précise.
- Second paragraphe d’analyse : « L’auteur défend la thèse selon laquelle le quartier devrait posséder une salle de lecture. Il commence par une concession sur son coût, puis avance un argument : chacun pourrait y lire au calme. La question rhétorique invite le lecteur à partager cet avis. L’énumération des lectures souligne la variété de l’offre, tandis que l’exemple du journal local rend un usage concret du lieu facile à imaginer. »Ce paragraphe emploie six autres termes spécialisés : thèse, concession, argument, question rhétorique, énumération et exemple. Les deux paragraphes utilisent donc correctement plus de huit termes différents.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Identifier six procédés dans un poème et un texte argumentatif, puis rédiger deux paragraphes d’analyse utilisant correctement au moins huit termes spécialisés.
- Au programme
- 3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 30 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers