Français · 6e · environ 10 min
Distinguer juxtaposition, coordination et subordination
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Repère les verbes conjugués, puis encadre les propositions. Observe ce qui les relie : [La barque avance] ; [la rive se rapproche] → juxtaposition. [La barque avance] et [la rive se rapproche] → coordination. [La rive se rapproche] [parce que la barque avance] → subordination. Si tu vois une virgule et un mot de liaison, examine le mot : la virgule seule ne suffit pas à décider.
Cette méthode convient aux phrases proposées ici, avec deux propositions faciles à repérer. Ne compte pas tous les mots qui ressemblent à des verbes : un infinitif n’est pas un verbe conjugué.
Compare ces trois montages : « Le chemin est glissant ; nous ralentissons. » ; « Le chemin est glissant, donc nous ralentissons. » ; « Nous ralentissons parce que le chemin est glissant. » Le premier utilise seulement la ponctuation : juxtaposition. Le deuxième ajoute « donc » : coordination. Le troisième place une proposition sous la dépendance de l’autre avec « parce que » : subordination. Les faits restent proches, mais la manière de relier les propositions change.
On ne peut pas remplacer n’importe quel raccord par un autre sans modifier le sens. Ici, les trois montages sont déjà construits pour permettre la comparaison.
Deux phrases peuvent exprimer la même raison avec des constructions différentes : « Je prends une veste car il fait frais » contient une coordination ; « Je prends une veste parce qu’il fait frais » contient une subordination. Pour classer le lien, ne cherche donc pas seulement si une proposition donne une raison : identifie aussi le mot qui la relie à l’autre.
Le sens aide à comprendre la phrase, mais il ne suffit pas à nommer son mode d’articulation. Il faut reconnaître le raccord utilisé.
Les pièges
Voir une virgule et conclure immédiatement à une juxtaposition.
Tu as bien repéré la virgule. Vérifie maintenant si un mot comme « mais » ou « quand » relie aussi les propositions.
Classer « car » et « parce que » de la même façon parce qu’ils donnent tous les deux une raison.
Tu as reconnu la raison exprimée. Pour nommer le lien, regarde maintenant le raccord exact : « car » ou « parce que ».
Penser qu’une proposition subordonnée se trouve toujours à la fin.
La place ne décide pas du lien. Repère le mot qui introduit la proposition et cherche de quelle autre proposition elle dépend.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Dans une phrase complexe, les propositions peuvent être reliées de plusieurs façons. Distinguer la juxtaposition, la coordination et la subordination aide à comprendre comment les idées s’enchaînent.
Le cours
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d’un verbe conjugué. Une phrase simple contient une seule proposition ; une phrase complexe en contient plusieurs. Pour étudier une phrase complexe, on commence donc par repérer ses verbes conjugués et ses propositions.
Deux propositions sont juxtaposées lorsqu’elles sont séparées par un signe de ponctuation, sans mot de liaison entre elles. Ce signe peut être une virgule, un point-virgule ou deux-points. Les propositions sont placées l’une à côté de l’autre.
Deux propositions sont coordonnées lorsqu’elles sont reliées par une conjonction de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Chacune reste indépendante de l’autre : aucune n’est subordonnée à l’autre. Un signe de ponctuation peut accompagner la conjonction, mais c’est le mot de liaison qui indique ici la coordination.
Deux propositions sont liées par subordination lorsque l’une dépend de l’autre. La proposition qui dépend de l’autre est appelée proposition subordonnée ; celle dont elle dépend est appelée proposition principale. La subordonnée est introduite notamment par une conjonction de subordination, comme que, quand, lorsque, parce que ou si, ou par un pronom relatif, comme qui, que, dont ou où.
Pour identifier le lien entre deux propositions, il faut observer ce qui les relie : un signe de ponctuation seul indique une juxtaposition ; une conjonction de coordination indique une coordination ; un mot subordonnant introduit une subordonnée. Une même phrase peut contenir plusieurs de ces liens : on les étudie alors séparément.
Des exemples
Le vent se lève ; les volets claquent.
Les propositions « Le vent se lève » et « les volets claquent » sont séparées par un point-virgule, sans mot de liaison. Elles sont donc juxtaposées.
Le vent se lève, mais les promeneurs continuent leur chemin.
Les deux propositions sont reliées par la conjonction de coordination « mais » : elles sont coordonnées. La virgule placée avant « mais » ne fait pas de ce lien une juxtaposition.
Les promeneurs rentrent parce que la pluie commence.
La proposition « parce que la pluie commence » est introduite par la conjonction de subordination « parce que ». Elle est subordonnée à la proposition principale « Les promeneurs rentrent ».
Le sentier qui longe la rivière devient glissant.
La proposition « qui longe la rivière » est une subordonnée introduite par le pronom relatif « qui » ; elle précise le nom « sentier ». Elle est insérée dans la proposition principale « Le sentier devient glissant ».
À retenir
- Une phrase complexe contient plusieurs propositions.
- Juxtaposition : un signe de ponctuation, sans mot de liaison.
- Coordination : une conjonction de coordination relie les propositions.
- Subordination : une proposition dépend d’une autre et commence par un mot subordonnant.
- Une virgule peut accompagner un mot de liaison : il faut observer ce mot pour classer le lien.
- Plusieurs types de liens peuvent apparaître dans une même phrase.
Les mots de la leçon
- Proposition
- Groupe de mots organisé autour d’un verbe conjugué.
- Juxtaposition
- Lien entre des propositions séparées par un signe de ponctuation, sans mot de liaison.
- Coordination
- Lien entre des propositions reliées par une conjonction de coordination.
- Subordination
- Lien par lequel une proposition dépend d’une autre.
- Proposition principale
- Proposition dont dépend une proposition subordonnée.
- Proposition subordonnée
- Proposition qui dépend d’une autre et qui est introduite par un mot subordonnant.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeUne proposition se construit autour d’un verbe conjugué : une phrase complexe en contient plusieurs. Deux propositions sont juxtaposées si seul un signe de ponctuation les sépare, coordonnées si un mot comme « mais », « ou », « et », « donc », « or », « ni » ou « car » les relie. Une proposition est subordonnée lorsqu’elle dépend d’une autre et commence, par exemple, par « parce que », « quand » ou « si ».
Quel lien unit les deux propositions dans « Le gardien ferme la grille parce que le parc est vide » ?
- Je repère les verbes conjugués : « ferme » et « est ».Ils permettent ici de repérer les deux propositions.
- Je distingue « Le gardien ferme la grille » et « parce que le parc est vide ».Je vois ainsi ce qui relie les deux propositions.
- Je repère « parce que », qui introduit la raison de la fermeture.« Parce que le parc est vide » dépend de l’autre proposition : le lien est une subordination.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Classer le lien entre deux propositions selon qu'elles sont séparées par un signe de ponctuation, coordonnées ou subordonnées.
- Au programme
- 6e · BO n°16 du 17 avril 2025, MENE2504620A (cycle 3, CM1/CM2/6e, français ET mathématiques) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 10 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers