Français · 5e · environ 20 min
Passer des constituants de la phrase simple à ceux de la phrase complexe
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Sur « Quand le vent souffle, la voile se gonfle », souligne les verbes « souffle » et « se gonfle », puis trace les limites des propositions : [Quand le vent souffle], [la voile se gonfle]. Fais ensuite un autre repérage : complément circonstanciel de temps « Quand le vent souffle », sujet « la voile », groupe verbal « se gonfle ». Les limites des propositions et celles des constituants ne servent pas à montrer la même chose.
Ne prends pas chaque mot d’une forme composée pour un verbe différent : « a soufflé » est une seule forme verbale. Certaines propositions demandent une analyse plus avancée ; les exemples de cette fiche utilisent des verbes conjugués.
Tu peux échanger les étiquettes. Dans « Au retour du soleil, nous repartirons », remplace « Au retour du soleil » par « Quand le soleil reviendra » : le complément circonstanciel reste un complément circonstanciel. Dans « Nora souhaite une victoire », remplace « une victoire » par « que son équipe gagne » : le complément du verbe reste dans le groupe verbal. Enfin, compare « Son départ m’étonne » et « Qu’il parte m’étonne » : le groupe et la subordonnée occupent tous deux la place du sujet.
Le remplacement doit conserver une phrase correcte et la même fonction. Il ne conserve pas forcément toutes les nuances de sens, et n’importe quel groupe ne peut pas être remplacé par n’importe quelle subordonnée.
Dans « Mila pense que la porte est fermée », deux analyses sont proposées : groupe verbal « pense » ou groupe verbal « pense que la porte est fermée ». La seconde est correcte : « que la porte est fermée » complète le verbe « pense ». Le mot « que » ouvre une nouvelle proposition, mais il ne marque pas forcément la fin du groupe verbal de la phrase entière.
Toutes les subordonnées ne font pas partie du groupe verbal : une subordonnée complément circonstanciel, comme « Quand la nuit arrive », s’analyse séparément à l’échelle de la phrase.
Les pièges
Compter les mots d’un verbe composé comme plusieurs verbes.
Regarde si les mots fonctionnent ensemble : « Le spectacle a terminé tard » contient une seule proposition.
Arrêter le groupe verbal dès qu’une subordonnée commence.
Dans « Je souhaite que tu viennes », garde ensemble « souhaite que tu viennes » : la subordonnée précise ce qui est souhaité.
Penser qu’une subordonnée est toujours complément circonstanciel.
Compare la subordonnée avec le groupe qu’elle remplace. Dans « Qu’il réussisse me réjouit », elle remplace un sujet comme « Sa réussite ».
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Distinguer une phrase simple d’une phrase complexe permet de comprendre comment les idées s’organisent. On retrouve dans la phrase complexe les mêmes fonctions que dans la phrase simple : sujet, groupe verbal et compléments circonstanciels.
Le cours
Une phrase simple contient une seule proposition, organisée autour d’un verbe conjugué. Une phrase complexe contient plusieurs propositions, organisées autour de plusieurs verbes conjugués. Attention : un verbe à un temps composé compte pour un seul verbe. Dans « Le bateau a disparu », « a disparu » est un seul verbe conjugué : la phrase est simple.
Pour délimiter les propositions, on repère les verbes conjugués, puis les mots qui se rattachent à chacun d’eux. Les propositions peuvent être juxtaposées, séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points ; coordonnées, reliées par un mot comme « et », « mais » ou « car » ; ou liées par subordination. Une proposition subordonnée dépend d’une autre proposition, appelée proposition principale.
Dans une phrase simple, le sujet désigne ce dont on parle et commande l’accord du verbe. Le groupe verbal comprend le verbe et ses éventuels compléments, notamment le complément d’objet direct ou indirect. Les compléments circonstanciels apportent des précisions, par exemple sur le temps, le lieu ou la cause ; ils peuvent souvent être déplacés ou supprimés.
Dans une phrase complexe, une proposition subordonnée peut occuper la même fonction qu’un mot ou qu’un groupe de mots dans une phrase simple. Elle peut notamment être sujet, complément d’objet à l’intérieur du groupe verbal, ou complément circonstanciel. Pour reconnaître sa fonction, on observe sa relation avec le verbe principal et on compare la phrase avec une phrase simple de même sens.
Il faut distinguer la fonction de toute la subordonnée et les fonctions des mots qu’elle contient. Dans « Je pense que Lina viendra », « que Lina viendra » est le complément d’objet direct de « pense » et appartient au groupe verbal « pense que Lina viendra ». À l’intérieur de cette subordonnée, « Lina » est le sujet de « viendra ».
Des exemples
Le vent souffle. → [Le vent souffle] et [les branches tremblent].
La première phrase est simple : elle contient un seul verbe conjugué. La seconde est complexe : les deux propositions, délimitées par les crochets, sont coordonnées par « et » ; chacune possède son sujet et son groupe verbal.
Le retour du calme rassure les marins. → [Que le vent se calme] rassure les marins.
Le groupe nominal « Le retour du calme » et la subordonnée « Que le vent se calme » ont la même fonction : sujet de « rassure ». La seconde phrase est complexe, car elle contient les verbes conjugués « se calme » et « rassure » ; son groupe verbal principal est « rassure les marins ».
Nous attendons ton retour. → Nous attendons [que tu reviennes].
Le groupe nominal « ton retour » et la subordonnée « que tu reviennes » sont compléments d’objet directs de « attendons ». Dans la phrase complexe, le sujet principal est « Nous » et le groupe verbal est « attendons que tu reviennes » : la subordonnée appartient donc au groupe verbal.
Au lever du soleil, les randonneurs partiront. → [Lorsque le soleil se lèvera], [les randonneurs partiront].
Le groupe « Au lever du soleil » et la subordonnée « Lorsque le soleil se lèvera » sont compléments circonstanciels de temps. Dans la proposition principale, « les randonneurs » est le sujet et « partiront » le groupe verbal ; dans la subordonnée, « le soleil » est le sujet et « se lèvera » le groupe verbal.
À retenir
- Une phrase simple contient une proposition ; une phrase complexe en contient plusieurs.
- Un verbe à un temps composé compte pour un seul verbe conjugué.
- Pour délimiter les propositions, repère leurs verbes et les mots qui s’y rattachent.
- Une subordonnée peut avoir la même fonction qu’un groupe de mots : sujet, complément d’objet ou complément circonstanciel.
- Une subordonnée complément d’objet appartient au groupe verbal.
- Dans chaque proposition, on peut retrouver un sujet, un groupe verbal et d’éventuels compléments circonstanciels.
Les mots de la leçon
- Proposition
- Ensemble de mots organisé autour d’un verbe, généralement conjugué.
- Proposition principale
- Proposition dont dépend une proposition subordonnée.
- Proposition subordonnée
- Proposition qui dépend d’une autre proposition et qui remplit une fonction dans la phrase.
- Constituant
- Mot ou groupe de mots qui joue un rôle dans la construction de la phrase, comme le sujet, le groupe verbal ou un complément circonstanciel.
- Fonction grammaticale
- Rôle joué par un mot, un groupe de mots ou une proposition dans la phrase : sujet, complément d’objet, complément circonstanciel, par exemple.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeUne phrase simple contient une seule proposition ; une phrase complexe en contient plusieurs, chacune organisée autour d’un verbe. Un groupe de la phrase simple peut être remplacé par une proposition subordonnée de même fonction : dans « Après le repas, nous sortons » et « Quand le repas est terminé, nous sortons », les deux éléments placés au début sont des compléments circonstanciels de temps. Pour retrouver les constituants, repère le sujet, puis le groupe verbal, avec ses compléments, et les éventuels compléments circonstanciels.
Compare « Après la sonnerie, les élèves attendent le silence » et « Quand la sonnerie retentit, les élèves attendent que le silence revienne ». Retrouve les propositions et les constituants de la seconde phrase.
- Dans la première phrase, le seul verbe conjugué est « attendent » : la phrase est simple.Elle contient une seule proposition. « Après la sonnerie » est le complément circonstanciel de temps, « les élèves » est le sujet et « attendent le silence » est le groupe verbal.
- Dans la seconde phrase, les verbes conjugués sont « retentit », « attendent » et « revienne » : la phrase est complexe.Dans cet exemple, chacun de ces trois verbes organise une proposition.
- Les propositions sont délimitées ainsi : [Quand la sonnerie retentit], [les élèves attendent] [que le silence revienne].« Les élèves attendent » est la proposition principale. Les deux autres propositions dépendent d’elle.
- À l’échelle de la phrase entière, le sujet est « les élèves », le groupe verbal est « attendent que le silence revienne » et le complément circonstanciel de temps est « Quand la sonnerie retentit ».La subordonnée « Quand la sonnerie retentit » remplace « Après la sonnerie ». La subordonnée « que le silence revienne » remplace « le silence » : elle est complément du verbe « attendent » et appartient donc au groupe verbal.
- À l’intérieur des subordonnées, on retrouve aussi des constituants : « la sonnerie » est sujet de « retentit » et « le silence » est sujet de « revienne ».Une proposition subordonnée possède sa propre organisation, même lorsqu’elle occupe une fonction dans une phrase plus grande.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Distinguer phrase simple et phrase complexe, délimiter leurs propositions et retrouver les constituants sujet, groupe verbal et compléments circonstanciels en comparant des phrases où un groupe est remplacé par une subordonnée de même fonction.
- Au programme
- 5e · BO n°10 du 5 mars 2026, arrêté du 18 février 2026, MENE2602912A (cycle 4, français ET mathématiques) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 20 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers