Français · 4e · environ 15 min
Rapporter une réplique sans la citer directement
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Imagine une flèche qui relie chaque pronom à la personne qu'il désigne. Dans « Salomé dit à Yanis : “Je te crois.” », « je » pointe vers Salomé et « te » vers Yanis. En gardant ces mêmes flèches, on obtient : « Salomé dit à Yanis qu'elle le croit. » Les mots changent, mais les personnes restent les mêmes.
Ne remplace pas automatiquement « je » par « elle » : le nouveau pronom dépend de la personne qui parle et de celle qui raconte.
Prends le moment des paroles comme repère. Dans un récit au passé, « J'ai terminé » situe l'action avant les paroles : « Elle expliqua qu'elle avait terminé. » « Je travaille » situe l'action au même moment : « Elle expliqua qu'elle travaillait. » « Je terminerai » situe l'action après : « Elle expliqua qu'elle terminerait. »
Cette méthode vise les changements habituels dans un récit au passé. Une vérité toujours valable peut rester au présent : « Le guide rappela que la Terre tourne autour du Soleil. »
Compare chaque proposition avec la réplique de départ. Pour « Éva déclara : “Je suis prête.” », la phrase « Éva déclara que j'étais prête » change la personne désignée. La phrase « Éva déclara qu'elle était prête » conserve la personne et adapte le temps. Vérifie donc séparément : qui est concerné, puis quand l'action a lieu.
Une phrase peut être grammaticalement correcte tout en changeant le sens de la réplique. Il faut toujours la comparer au contexte de départ.
Les pièges
Garder « je » alors que le narrateur parle d'un personnage.
Repère la personne qui disait « je », puis choisis le pronom qui la désigne dans le récit.
Changer le pronom mais oublier d'adapter le temps.
Regarde le verbe qui introduit les paroles. Dans les cas travaillés au passé, un présent devient un imparfait et un futur devient un conditionnel.
Conserver « demain » dans un récit raconté bien après la scène.
Rattache le jour annoncé au moment des paroles : « le lendemain » conserve ce repère.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Dans un récit, le discours indirect permet de rapporter les paroles d’un personnage sans les citer mot pour mot. On l’utilise pour intégrer ces paroles à la narration, en conservant leur sens et en adaptant leur formulation.
Le cours
Au discours direct, les paroles sont présentées comme elles ont été prononcées, souvent entre guillemets ou après un tiret de dialogue. Au discours indirect, elles sont intégrées dans une phrase introduite par un verbe de parole : dire, expliquer, demander, répondre, annoncer… Les guillemets et le tiret de dialogue disparaissent.
La construction dépend de ce que le personnage exprime. Une déclaration est généralement introduite par « que » : « Il explique qu’il attend. » Une question à laquelle on peut répondre par oui ou par non est introduite par « si » : « Il demande si elle vient. » Les autres questions conservent leur mot interrogatif, comme « pourquoi », « quand » ou « où » ; « qu’est-ce que » devient « ce que ». La question rapportée reprend l’ordre habituel sujet-verbe, sans « est-ce que » ni inversion : « Il demande où elle va. » Un ordre ou un conseil se rapporte souvent avec « de » suivi d’un infinitif : « Il lui conseille de patienter. »
Les pronoms personnels et les possessifs doivent désigner les mêmes personnes que dans les paroles d’origine. On les adapte donc selon qui parle, à qui et de qui : « je » peut devenir « il » ou « elle », « mon » peut devenir « son », mais ces changements ne sont pas automatiques. Il faut toujours vérifier à qui renvoie chaque mot.
Les temps des verbes dépendent du temps du récit. Avec un verbe de parole au présent, ils restent généralement inchangés. Avec un verbe de parole au passé, le présent devient généralement un imparfait, le passé composé devient un plus-que-parfait et le futur simple devient un conditionnel présent : « Je viendrai » devient « Il a annoncé qu’il viendrait ». L’imparfait et le plus-que-parfait restent généralement inchangés. Un présent peut toutefois être conservé s’il exprime une vérité générale toujours valable.
Les indications de temps et de lieu changent lorsque la situation du récit l’exige : « aujourd’hui » peut devenir « ce jour-là », « demain », « le lendemain », « hier », « la veille », et « ici », « là ». Ces adaptations ne sont pas systématiques : elles servent à conserver les mêmes repères. La réécriture doit aussi respecter l’intention des paroles, notamment une négation, une demande ou un ordre.
Des exemples
Discours direct : Lina dit à Sami : « Je te prêterai mon livre. » Discours indirect : Lina dit à Sami qu’elle lui prêtera son livre.
La déclaration est introduite par « que ». Les pronoms et le possessif sont adaptés aux personnes désignées ; le verbe de parole étant au présent, le futur est conservé.
Discours direct : Le lundi, Nora a annoncé : « J’ai terminé mon exposé et je le présenterai demain. » Discours indirect : Le lundi, Nora a annoncé qu’elle avait terminé son exposé et qu’elle le présenterait le lendemain.
Avec le verbe de parole au passé, le passé composé devient un plus-que-parfait et le futur devient un conditionnel présent. « Demain » devient « le lendemain » pour conserver le même jour de présentation.
Discours direct : Yanis a demandé à Inès : « Est-ce que tu connais ce chemin ? Où mène-t-il ? » Discours indirect : Yanis a demandé à Inès si elle connaissait ce chemin et où il menait.
La première question est introduite par « si » et la seconde conserve « où ». « Est-ce que » et l’inversion disparaissent ; les présents deviennent des imparfaits après le verbe de parole au passé.
Discours direct : Le gardien a demandé aux visiteurs : « Ne franchissez pas cette barrière. » Discours indirect : Le gardien a demandé aux visiteurs de ne pas franchir cette barrière.
L’ordre est rapporté avec « de » suivi d’un infinitif. La négation est conservée afin de ne pas modifier le sens des paroles.
À retenir
- Intégrer les paroles au récit avec un verbe de parole, sans guillemets ni tiret de dialogue.
- Employer « que » pour une déclaration, « si » ou un mot interrogatif pour une question.
- Rapporter un ordre ou un conseil avec « de » suivi d’un infinitif.
- Adapter les pronoms et les possessifs en vérifiant qui ils désignent.
- Adapter les temps des verbes et, si nécessaire, les repères de temps et de lieu.
- Conserver le sens, l’intention et les négations des paroles d’origine.
Les mots de la leçon
- Discours direct
- Forme de paroles rapportées qui présente les paroles comme elles ont été prononcées.
- Discours indirect
- Forme de paroles rapportées qui intègre les paroles dans une phrase du récit, sans les citer directement.
- Verbe de parole
- Verbe qui introduit des paroles et peut préciser leur intention : dire, demander, expliquer, ordonner…
- Concordance des temps
- Adaptation des temps des verbes des paroles rapportées au temps du verbe qui les introduit.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardePour rapporter une réplique sans la citer, intègre les paroles au récit avec un verbe comme « dire » ou « expliquer », souvent suivi de « que », sans guillemets ni deux-points. Adapte les pronoms pour désigner les bonnes personnes. Quand le verbe qui rapporte les paroles est au passé, le présent devient généralement un imparfait, le passé composé un plus-que-parfait et le futur un conditionnel ; les repères comme « demain » peuvent aussi changer.
Lis ce court texte : Inès annonça à Hugo : « Je rangerai mes affaires demain. » Comment rapporter cette réplique dans un récit raconté après le rangement ?
- Commence par « Inès annonça à Hugo qu'… » et retire les deux-points et les guillemets.Les paroles deviennent une partie de la phrase du narrateur : elles ne sont plus citées directement.
- Remplace « je » par « elle » et « mes affaires » par « ses affaires ».C'est toujours Inès qui parle de ses propres affaires, mais le narrateur parle d'elle.
- Écris : « Inès annonça à Hugo qu'elle rangerait ses affaires le lendemain. »Après « annonça », le futur « rangerai » devient « rangerait ». « Le lendemain » désigne le jour qui suivait l'annonce, même si le récit est raconté plus tard.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Réécrire une réplique au discours indirect dans un récit, en adaptant les pronoms et les temps sans modifier le sens des paroles.
- Au programme
- 4e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 15 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers