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Français · 4e · environ 35 min

Argumenter un rapprochement historique entre des œuvres

Je m'entraîne

Choisis le mot qui va dans le trou.

Le rapprochement entre les enfants à l’usine chez Hugo et le développement industriel repose sur un contexte trou à remplir. Mots proposés : historique, sonore.

S'entraîner : une série dédiée, en paliersRituel : Orthographe flash

Explique-moi autrement

Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.

Imagine deux colonnes. Dans celle de Hugo : France, 1856, développement industriel, enfants à l’usine. Dans celle de Dickens : Angleterre, 1837-1839, assistance aux pauvres, Oliver qui réclame de la nourriture. Entre les colonnes, place le point commun : une critique du traitement des enfants pauvres. Les différences de pays et de situation restent visibles.

Une date commune ou un même siècle ne suffit pas : il faut expliquer le lien entre un contexte et un élément de chaque œuvre.

Les pièges

  • Se contenter d’un thème commun, comme la présence d’enfants.

    Tu as repéré une ressemblance. Relie-la maintenant à un fait de l’époque et explique ce que les œuvres en montrent.

  • Donner des dates et des titres sans exemple littéraire précis.

    Tes repères sont utiles. Ajoute une scène ou une image précise, puis explique comment elle soutient ton idée.

  • Présenter deux exemples comme s’ils étaient deux arguments.

    Tu as trouvé deux faits précis. Distingue maintenant les idées qu’ils soutiennent : rendre la souffrance visible et interroger la protection des plus fragiles.

Je me teste

2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.

La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer

La leçon

Ce qu'il faut savoir

Rapprocher historiquement deux œuvres, c’est montrer que leurs contextes de création permettent de mieux comprendre leurs points communs et leurs différences. Ce rapprochement se défend à l’aide d’arguments et d’exemples précis tirés des textes.

Le cours

  1. Le contexte de création désigne les circonstances dans lesquelles une œuvre a été écrite : l’époque, les événements historiques, l’organisation de la société, les débats et les idées qui circulent. Les engagements de l’auteur et les mouvements littéraires peuvent aussi éclairer l’œuvre. Attention : l’époque de l’écriture ne se confond pas toujours avec celle de l’histoire racontée.

  2. Pour rapprocher deux œuvres, il faut établir un lien entre ce contexte et leur contenu ou leur manière d’écrire. Deux textes peuvent dénoncer une même injustice, défendre une même valeur ou répondre différemment à un événement. Leur proximité dans le temps ne suffit pas : il faut expliquer ce qu’elle permet de comprendre. Inversement, des œuvres d’époques différentes peuvent être rapprochées si l’on tient compte de ce qui a changé.

  3. Un argument est une raison qui justifie le rapprochement proposé. Il doit concerner les deux œuvres : par exemple, « Ces deux récits cherchent à rendre sensible la souffrance des condamnés ». Les deux arguments doivent apporter des raisons distinctes, et non répéter la même idée avec d’autres mots.

  4. Chaque argument s’appuie sur un exemple littéraire précis : une scène, un personnage dans une situation déterminée, un choix de narration ou une courte citation exacte. Le titre d’une œuvre ou une remarque générale ne constitue pas un exemple suffisant. Après avoir présenté l’exemple, il faut expliquer comment il soutient l’argument et éclaire le rapprochement. Si l’on ne connaît pas les mots exacts du texte, on décrit le passage sans inventer de citation.

  5. Le paragraphe commence par annoncer le rapprochement et son lien avec les contextes de création. Il développe ensuite un premier argument accompagné d’un exemple expliqué, puis un second argument accompagné d’un autre exemple expliqué. Les deux œuvres doivent être réellement mises en relation : on ne juxtapose pas deux résumés. Des connecteurs comme « d’abord », « de même », « ensuite » ou « cependant » rendent le raisonnement clair. Une dernière phrase peut rappeler ce que la comparaison permet de comprendre.

Des exemples

  • Le Dernier Jour d’un condamné, publié en 1829 sous la Restauration, et Claude Gueux, publié en 1834 sous la monarchie de Juillet, peuvent être rapprochés dans le cadre du combat de Victor Hugo contre la peine de mort.

    Le rapprochement s’appuie sur des dates proches et relie les deux récits à un débat de leur temps ainsi qu’à l’engagement de leur auteur. Les différents régimes politiques sont distingués.

  • Dans Le Dernier Jour d’un condamné, la visite de Marie, qui ne reconnaît plus son père emprisonné, montre que la condamnation détruit aussi un lien familial.

    La scène est un exemple littéraire précis, contrairement à la simple remarque « le récit est triste ». Elle soutient l’argument selon lequel Hugo fait percevoir l’humanité et la souffrance du condamné.

  • Publiés en 1829 et en 1834, alors que la peine de mort fait débat en France, Le Dernier Jour d’un condamné et Claude Gueux participent au combat de Victor Hugo contre cette peine. Les deux récits donnent une dimension humaine au condamné, sans le réduire à son crime. Dans Le Dernier Jour d’un condamné, sa fille Marie ne le reconnaît plus lorsqu’elle lui rend visite : cette scène révèle sa souffrance de père et rend sa situation bouleversante. Les deux œuvres interrogent aussi la responsabilité de la société et remettent en question l’idée que l’exécution serait une réponse suffisante au crime. Dans Claude Gueux, le personnage vole d’abord du pain et du bois pour nourrir et réchauffer sa famille, ce qui montre comment la misère contribue à le conduire en prison. La lutte contre la peine de mort rejoint, dans ces récits, une réflexion sur la dignité humaine et la justice sociale.

    Ce paragraphe annonce un rapprochement lié au contexte, puis développe deux arguments distincts : rendre son humanité au condamné et interroger la responsabilité sociale. Chaque argument est soutenu par un exemple précis, pris dans une œuvre différente et expliqué.

À retenir

  • Relier les œuvres à des éléments vérifiés de leurs contextes de création.
  • Ne pas confondre époque d’écriture et époque de l’histoire racontée.
  • Défendre le rapprochement avec deux arguments distincts.
  • Appuyer les arguments sur deux exemples littéraires précis et expliqués.
  • Comparer les œuvres au lieu de juxtaposer leurs résumés.
  • Ne jamais inventer une citation ou un fait historique.

Les mots de la leçon

Contexte de création
Ensemble des circonstances historiques, sociales, culturelles et personnelles dans lesquelles une œuvre est créée.
Argument
Raison donnée pour défendre une idée ou justifier un rapprochement.
Exemple littéraire
Élément précis d’une œuvre, comme une scène, un personnage ou un choix d’écriture, utilisé pour soutenir un argument.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape

RegardePour rapprocher deux œuvres, montre comment leur époque et les conditions de leur création éclairent ce qu’elles racontent. Dans un même paragraphe, défends ton rapprochement avec deux arguments et deux exemples littéraires précis : un personnage, une scène ou une image du texte, plutôt qu’un simple titre.

Comment défendre un rapprochement historique entre le poème « Melancholia » de Victor Hugo, publié en 1856, et le roman Oliver Twist de Charles Dickens, publié de 1837 à 1839 ? Au XIXe siècle, l’industrialisation transforme la société et le travail des enfants reste répandu. En Angleterre, la loi de 1834 sur l’assistance aux pauvres renforce le système des établissements appelés workhouses. Hugo représente des enfants travaillant dans une usine dans « Melancholia ». Dans Oliver Twist, Oliver est menacé de sanctions après avoir demandé davantage de nourriture dans un établissement pour pauvres.

  1. Retenir un rapprochement : dans ces deux œuvres du XIXe siècle, la représentation des enfants pauvres sert à critiquer la société.Cette idée relie les œuvres à des réalités de leur époque, sans prétendre que leurs contextes français et anglais sont identiques.
  2. Construire le premier argument : les deux œuvres rendent visible la souffrance des enfants pauvres. L’illustrer par les enfants de l’usine décrits par Hugo.L’exemple est précis et le travail des enfants est relié au développement industriel.
  3. Construire le second argument : les deux œuvres invitent à juger la manière dont la société traite les plus fragiles. L’illustrer par la réaction des responsables lorsque Oliver demande davantage de nourriture.Cet exemple permet de critiquer le fonctionnement de l’assistance aux pauvres, dans le contexte anglais de l’époque.
  4. Assembler le paragraphe : « Melancholia » de Victor Hugo et Oliver Twist de Charles Dickens peuvent être rapprochés parce qu’ils critiquent le sort des enfants pauvres dans les sociétés du XIXe siècle. D’abord, les deux œuvres rendent leur souffrance visible : Hugo décrit des enfants épuisés au travail dans une usine, ce qui éclaire une réalité de l’industrialisation. Ensuite, elles invitent à juger une société qui protège mal les plus fragiles : chez Dickens, Oliver est menacé de sanctions pour avoir demandé davantage de nourriture dans un établissement pour pauvres, ce qui nourrit la critique du système d’assistance anglais renforcé en 1834.Le paragraphe annonce le rapprochement, développe deux arguments distincts et les appuie sur deux exemples précis, chacun relié à un contexte historique.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
Ce que votre enfant apprend
Défendre un rapprochement entre deux œuvres fondé sur leurs contextes de création dans un paragraphe comportant deux arguments et deux exemples littéraires précis.
Au programme
4e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
Combien de temps
Environ 35 minutes, en une fois ou en plusieurs.

Comment l'accompagner

  • Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
  • Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
  • Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.

Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers