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Français · 3e · environ 25 min

Expliquer l’alternance des paroles rapportées dans un récit

Je m'entraîne

Choisis le mot qui va dans le trou.

Lis ce court texte : « Je ferme la fenêtre », dit Inès. Les mots entre guillemets sont rapportés au discours trou à remplir.

S'entraîner : une série dédiée, en paliersRituel : Orthographe flash

Explique-moi autrement

Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.

Sur le récit, souligne les répliques entre guillemets. Encadre ensuite les mots qui introduisent des paroles intégrées à une phrase, comme « répondit que » ou « demanda si ». Enfin, repère les questions et les exclamations sans guillemets : vérifie si elles font entendre la réaction d’un personnage.

Les guillemets ne servent pas seulement au dialogue, et une exclamation peut venir du narrateur. Il faut toujours vérifier qui parle ou pense dans le contexte.

Les pièges

  • Reconnaître du discours direct dès qu’un personnage dit quelque chose.

    Tu as bien repéré que des paroles sont rapportées. Regarde maintenant leur forme : une réplique autonome ou une phrase construite avec « dit que », par exemple ?

  • Prendre toute phrase sans guillemets pour du discours indirect libre.

    Cherche ce qui fait entendre la voix du personnage : une question inquiète, une exclamation, un jugement. Vérifie ensuite à qui cette réaction appartient.

  • Affirmer que le discours direct accélère toujours le récit.

    Compare ce qui précède et ce qui suit le changement. Ici, passe-t-on rapidement sur des paroles ou prend-on le temps de les faire entendre ?

Je me teste

2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.

La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer

La leçon

Ce qu'il faut savoir

Dans un récit, les paroles et les pensées des personnages peuvent être rapportées de plusieurs façons. Reconnaître ces formes et leurs changements permet de comprendre comment le récit avance et comment le lecteur se rapproche d’un personnage.

Le cours

  1. Le discours direct présente les paroles comme si le personnage les prononçait lui-même. Elles sont généralement signalées par des guillemets ou des tirets de dialogue, parfois accompagnés d’un verbe de parole : dire, demander, répondre… Les pronoms, les temps et les indications de lieu ou de moment correspondent à la situation du personnage qui parle : « Je reviendrai ici demain. »

  2. Le discours indirect intègre les paroles dans une phrase du narrateur. Elles dépendent généralement d’un verbe de parole suivi de « que », de « si » ou d’un mot interrogatif : il annonce qu’il reviendra ; elle demande si la porte est ouverte. Les pronoms et les repères de lieu ou de temps s’adaptent au récit. Avec un verbe introducteur au passé, les temps changent souvent : « Je reviendrai demain » devient « Il annonça qu’il reviendrait le lendemain ».

  3. Le discours indirect libre fait entendre la voix ou les pensées du personnage dans les phrases du récit, sans guillemets ni proposition introduite par « il dit que » ou « elle pensait que ». Il conserve généralement les personnes et les temps du récit, mais laisse apparaître les questions, les exclamations ou les jugements du personnage. Pour le reconnaître, il faut s’appuyer sur le contexte et sur plusieurs indices : une exclamation seule ne suffit pas.

  4. L’alternance est le passage d’une forme de paroles rapportées à une autre. Le discours direct peut mettre une réplique en valeur, donner de la vivacité à un échange ou développer une scène. Le discours indirect permet souvent de résumer des paroles et d’avancer plus rapidement. Le discours indirect libre rapproche souvent le lecteur des pensées du personnage tout en maintenant le fil du récit. Ces effets ne sont pas automatiques : ils dépendent du passage.

  5. Pour annoter un récit, on délimite les passages de paroles ou de pensées rapportées et on indique leur forme en s’appuyant sur des indices précis. On repère ensuite deux changements de forme. Pour expliquer chacun d’eux, on nomme la forme de départ et celle d’arrivée, on cite un indice du texte, puis on montre ce qui change dans le rythme du récit ou dans la proximité avec le personnage. Les phrases qui racontent seulement des actions ne sont pas, à elles seules, des paroles rapportées.

Des exemples

  • Maya déclara : « Je chercherai la clé ici demain. »

    Il s’agit du discours direct : les deux-points et les guillemets isolent les paroles de Maya. Le pronom « je », le futur et les mots « ici » et « demain » correspondent à sa situation au moment où elle parle.

  • Maya déclara qu’elle chercherait la clé à cet endroit le lendemain.

    Il s’agit du discours indirect : les paroles dépendent du verbe « déclara » et sont introduites par « que ». Dans ce récit au passé, « je » devient « elle », « chercherai » devient « chercherait », et les repères de lieu et de temps sont adaptés.

  • Maya contempla la serrure et fouilla encore ses poches. Où avait-elle donc mis cette maudite clé ? Elle ne pouvait tout de même pas dormir dehors !

    Après la phrase qui raconte ses actions, la question et l’exclamation relèvent du discours indirect libre : elles font entendre les pensées de Maya sans guillemets ni verbe introducteur. La troisième personne et les temps restent ceux du récit, tandis que « maudite » et « tout de même » expriment son irritation.

  • « Je ne quitterai pas la maison ! » protesta Sami. Il expliqua qu’il devait retrouver le carnet et qu’il avait besoin de quelques minutes. Pourquoi personne ne le comprenait-il ? Ce carnet était pourtant tout ce qui lui restait de son grand-père !

    Le passage du discours direct au discours indirect, marqué par « Il expliqua que », résume les explications de Sami et fait avancer le récit plus vite que leur développement en dialogue. Le passage du discours indirect au discours indirect libre, reconnaissable à la question et à l’exclamation sans formule introductrice, fait entrer le lecteur dans son désarroi et le rapproche de lui.

À retenir

  • Discours direct : les paroles sont présentées comme prononcées par le personnage.
  • Discours indirect : les paroles sont intégrées à une phrase du narrateur.
  • Discours indirect libre : la voix du personnage se mêle au récit, sans guillemets ni formule introductrice.
  • Pour annoter, délimiter chaque passage et justifier la forme par des indices.
  • Pour expliquer un changement, nommer les deux formes et montrer son effet précis sur le rythme ou la proximité avec le personnage.
  • Un effet se justifie dans le contexte : une forme ne produit pas toujours le même effet.

Les mots de la leçon

Paroles rapportées
Paroles d’un personnage reproduites ou reformulées dans un récit ; les mêmes formes peuvent aussi servir à rapporter ses pensées.
Discours direct
Forme qui présente les paroles comme si le personnage les prononçait lui-même.
Discours indirect
Forme qui intègre les paroles dans une phrase du narrateur, généralement après un verbe introducteur.
Discours indirect libre
Forme qui mêle la voix du personnage à celle du narrateur, sans guillemets ni proposition introductrice.
Alternance
Passage d’une forme de paroles rapportées à une autre au cours d’un récit.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape

RegardeLe discours direct fait entendre les mots d’un personnage : « Je reviendrai. » Le discours indirect les intègre au récit : elle annonce qu’elle reviendra ; le discours indirect libre fait entendre sa voix sans guillemets ni formule comme « elle pense que » : Pourquoi reviendrait-elle ici ? Passer d’une forme à une autre peut interrompre un résumé pour installer un dialogue ou nous rapprocher des pensées d’un personnage.

Lis ce court texte : Lina expliqua au gardien qu’elle avait oublié son carnet dans la salle. « Revenez demain », répondit-il. Lina baissa les yeux. Demain ? Mais elle avait besoin de ce carnet ce soir ! Repère les trois formes de paroles rapportées, puis observe l’effet des deux changements.

  1. « Lina expliqua au gardien qu’elle avait oublié son carnet dans la salle » est au discours indirect.Le narrateur rapporte les paroles de Lina dans une phrase introduite par « expliqua » et « que ». Il ne donne pas sa réplique telle quelle.
  2. « Revenez demain », répondit-il, est au discours direct.Les guillemets délimitent les mots du gardien. Le verbe « répondit » précise qui parle.
  3. Le passage du discours indirect au discours direct interrompt le résumé de la demande pour faire entendre la réponse du gardien.Le récit s’arrête sur une réplique précise : on assiste davantage à la scène au lieu de recevoir seulement un résumé de l’échange.
  4. « Demain ? Mais elle avait besoin de ce carnet ce soir ! » relève du discours indirect libre.La question et l’exclamation font entendre la réaction intérieure de Lina, sans guillemets ni « elle pensa que ». Le personnage reste désigné par « elle ».
  5. Le passage du discours direct au discours indirect libre nous rapproche de Lina.Après avoir entendu le gardien de l’extérieur, on entre dans la déception et l’urgence ressenties par Lina.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
Ce que votre enfant apprend
Annoter un récit pour distinguer les discours direct, indirect et indirect libre, puis expliquer comment deux changements de forme modifient le rythme du récit ou la proximité avec un personnage.
Au programme
3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
Combien de temps
Environ 25 minutes, en une fois ou en plusieurs.

Comment l'accompagner

  • Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
  • Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
  • Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.

Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers