Français · 3e · environ 10 min
Identifier une proposition subordonnée infinitive
Explique-moi autrement
Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.
Dans « Tu entends le chien aboyer », repère d’abord « Tu entends », puis encadre [le chien aboyer]. À l’intérieur du cadre, relie « le chien » à « aboyer » : c’est le chien qui aboie. Le cadre commence au début du sujet propre et contient aussi les éventuels compléments de l’infinitif.
Ne commence pas automatiquement le cadre juste après le verbe principal : vérifie toujours quel groupe est le sujet de l’infinitif.
Compare « Mila veut partir » et « Mila voit Hugo partir ». Dans la première phrase, Mila veut et Mila part : « partir » n’a pas de sujet propre distinct. Dans la seconde, Mila voit et Hugo part : « Hugo partir » forme une proposition subordonnée infinitive.
La présence d’un infinitif ne suffit jamais. Un groupe placé devant lui n’est pas forcément son sujet : dans « Mila demande à Hugo de partir », « à Hugo » complète « demande ».
À partir de « Nous voyons les voiliers quitter le port », isole l’action observée : « Les voiliers quittent le port. » Tu retrouves ainsi le sujet « les voiliers », l’action « quitter » et le complément « le port ». Dans la phrase de départ, ces éléments forment [les voiliers quitter le port].
Cette transformation aide à retrouver les éléments de l’action, mais elle ne suffit pas à prouver qu’il existe une subordonnée infinitive : vérifie aussi la présence d’un infinitif et de son sujet propre dans la phrase de départ.
Les pièges
Commencer la subordonnée à l’infinitif en laissant son sujet à l’extérieur.
Tu as trouvé le verbe. Cherche maintenant qui fait cette action et inclus ce sujet dans la délimitation.
S’arrêter à l’infinitif ou oublier un de ses compléments.
Tu as repéré le cœur de la subordonnée. Vérifie maintenant quels mots précisent cette action : ils doivent rester avec elle.
Prendre tout groupe à l’infinitif pour une proposition subordonnée infinitive.
L’infinitif est bien présent. Pour conclure, vérifie qu’il possède son propre sujet, distinct de celui du verbe principal.
Je me teste
2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.
La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer
La leçon
Ce qu'il faut savoir
Identifier une proposition subordonnée infinitive permet de comprendre comment plusieurs actions s’organisent dans une phrase complexe. Pour la délimiter, on repère un verbe à l’infinitif et le sujet qui lui est propre.
Le cours
Une proposition subordonnée infinitive est une proposition dont le verbe est à l’infinitif et possède un sujet propre, distinct du sujet du verbe principal. Dans « Nous regardons les vagues déferler », « nous » est le sujet de « regardons », tandis que « les vagues » est le sujet de « déferler ».
La proposition subordonnée infinitive dépend d’un verbe principal, souvent un verbe de perception comme « voir », « regarder », « entendre », « écouter » ou « sentir ». Elle n’est introduite ni par une conjonction de subordination comme « que », ni par un pronom relatif comme « qui ». Elle est généralement complément d’objet direct du verbe principal.
Le sujet de l’infinitif peut être un groupe nominal ou un pronom. Il peut se placer avant ou après l’infinitif : dans « Nous voyons les nuages passer » et « Nous voyons passer les nuages », ce sont les nuages qui passent.
Pour délimiter la proposition, on repère l’infinitif, on cherche qui ou ce qui accomplit l’action, puis on inclut les éventuels compléments appartenant à cette proposition. Dans « J’entends les enfants chanter une mélodie », la subordonnée est « les enfants chanter une mélodie » : elle comprend le sujet, le verbe à l’infinitif et son complément.
La présence d’un infinitif ne suffit donc pas à former une proposition subordonnée infinitive. Dans « Nous espérons réussir », le sujet de « réussir » est le même que celui d’« espérons » : « nous ». L’infinitif n’a pas de sujet propre distinct ; il ne forme donc pas une proposition subordonnée infinitive.
Des exemples
Le public écoute [la chanteuse interpréter un air ancien].
La proposition entre crochets contient l’infinitif « interpréter » et son sujet propre, « la chanteuse », distinct du sujet principal « le public ». Le complément « un air ancien » appartient aussi à cette proposition.
Nous voyons [passer un train].
Le sujet de l’infinitif « passer » est « un train », placé après le verbe. Il est distinct de « nous », sujet de « voyons » : « passer un train » est donc une proposition subordonnée infinitive.
Tu regardes [les feuilles tomber] depuis la fenêtre.
La subordonnée infinitive est « les feuilles tomber » : les feuilles accomplissent l’action de tomber. « Depuis la fenêtre » précise d’où tu regardes et reste ici en dehors de la subordonnée.
Les voyageurs souhaitent arriver avant midi.
Ce sont les voyageurs qui souhaitent et qui arrivent : l’infinitif « arriver » n’a pas de sujet propre distinct du sujet principal. Il n’y a donc pas de proposition subordonnée infinitive.
À retenir
- Une subordonnée infinitive contient un verbe à l’infinitif et un sujet propre.
- Son sujet est distinct de celui du verbe principal.
- Le sujet de l’infinitif peut se trouver avant ou après lui.
- Elle n’est pas introduite par un mot subordonnant.
- On délimite toute la proposition : sujet, infinitif et éventuels compléments.
- Un infinitif sans sujet propre distinct ne suffit pas.
Les mots de la leçon
- Proposition subordonnée infinitive
- Proposition dépendant d’un verbe principal, dont le verbe est à l’infinitif et possède un sujet propre distinct de celui du verbe principal.
- Infinitif
- Forme du verbe qui ne porte pas de marque de personne, comme « voir », « chanter » ou « partir ».
- Sujet propre
- Sujet rattaché au verbe de la subordonnée. Dans une subordonnée infinitive, il est distinct du sujet du verbe principal.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape
RegardeUne proposition subordonnée infinitive contient un verbe à l’infinitif et un sujet propre, distinct du sujet du verbe principal. Dans « Je vois Lina courir », « je » est le sujet de « vois », tandis que « Lina » est le sujet de « courir » : la subordonnée est donc « Lina courir ». Pour la délimiter, garde son sujet, son infinitif et les mots qui les complètent.
Dans « Nous regardons les enfants traverser la cour », délimite la proposition subordonnée infinitive.
- Je repère le verbe principal : « regardons ». Son sujet est « nous ».Cela permet de distinguer l’action principale de celle exprimée à l’infinitif.
- Je repère l’infinitif : « traverser ».C’est le verbe autour duquel se construit la subordonnée infinitive.
- Je cherche qui traverse : « les enfants ».« Les enfants » est le sujet propre de « traverser », distinct de « nous ».
- Je garde aussi « la cour », qui complète « traverser ».La subordonnée comprend le sujet, l’infinitif et son complément.
- Je délimite : Nous regardons [les enfants traverser la cour].Les crochets entourent toute la proposition subordonnée infinitive, sans inclure le sujet ni le verbe principaux.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
- Ce que votre enfant apprend
- Délimiter une proposition subordonnée infinitive en repérant son verbe à l'infinitif et son sujet propre, distinct de celui du verbe principal.
- Au programme
- 3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
- Combien de temps
- Environ 10 minutes, en une fois ou en plusieurs.
Comment l'accompagner
- Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
- Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
- Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.
Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers