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Français · 3e · environ 20 min

Justifier la fonction de subordonnées imbriquées

Je m'entraîne

Choisis le mot qui va dans le trou.

Dans « Je sais que le vélo qui roule est réparé », on peut remplacer « que le vélo qui roule est réparé » par « cela » : « Je sais cela ». Cette subordonnée est trou à remplir du verbe « sais ».

S'entraîner : une série dédiée, en paliersRituel : Orthographe flash

Explique-moi autrement

Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.

Imagine des cadres emboîtés : Je pense [que le livre [que tu cherches] est disponible]. Le grand cadre se rattache à « pense » ; le petit se rattache à « livre ». Trace mentalement une flèche de chaque cadre vers son point de rattachement, puis nomme sa fonction : COD de « pense » pour le grand cadre ; complément de l'antécédent « livre » pour le petit.

La place d'une proposition ne suffit pas à donner sa fonction. Les cadres servent à voir les limites ; il faut encore identifier le rattachement.

Les pièges

  • Rattacher toutes les subordonnées au verbe principal.

    Repars de chaque subordonnée : quel mot complète-t-elle précisément ? Une proposition située dans une autre peut dépendre d'un nom ou d'un verbe de cette proposition.

  • Donner à toute la relative la fonction du pronom relatif.

    Tu as trouvé un rôle à l'intérieur de la relative. Regarde maintenant l'ensemble : quel nom la relative précise-t-elle ?

  • Conclure qu'une proposition est circonstancielle uniquement parce qu'on peut la supprimer.

    Ajoute un deuxième indice : le rattachement. La proposition précise-t-elle un nom, complète-t-elle un verbe ou indique-t-elle une circonstance de l'action ?

Je me teste

2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.

La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer

La leçon

Ce qu'il faut savoir

Dans une phrase complexe, une proposition subordonnée peut contenir une autre subordonnée : elles sont alors imbriquées. Pour attribuer une fonction à chacune, il faut repérer précisément de quel mot ou de quelle proposition elle dépend, puis vérifier ce lien par des manipulations adaptées.

Le cours

  1. Une proposition subordonnée dépend d’un élément de la phrase : un verbe, un nom ou une proposition entière. Lorsque plusieurs subordonnées sont imbriquées, elles ne dépendent pas toutes directement de la proposition principale. Repère les verbes conjugués, les mots qui introduisent les subordonnées et les limites de chacune. Une subordonnée peut en contenir une autre : il faut conserver cette subordonnée intérieure lorsqu’on délimite l’ensemble qui l’englobe.

  2. Pour chaque subordonnée, distingue sa nature et sa fonction. Sa nature indique de quel type de proposition il s’agit : relative, conjonctive ou interrogative indirecte, par exemple. Sa fonction indique son rôle auprès de l’élément dont elle dépend. Le mot introducteur ne suffit donc pas à déterminer la fonction : deux subordonnées introduites par « que » peuvent avoir des fonctions différentes.

  3. Une proposition subordonnée relative se rattache généralement à un nom ou à un pronom appelé antécédent. Elle est complément de cet antécédent. Pour justifier cette analyse, nomme l’antécédent et montre que la relative apporte une précision à son sujet. Ne confonds pas la fonction de la relative entière avec celle du pronom relatif : dans « le livre que tu lis », la relative « que tu lis » est complément de l’antécédent « livre », tandis que le pronom « que » est COD de « lis ».

  4. Une subordonnée complétive peut notamment être sujet d’un verbe, COD ou COI d’un verbe, attribut du sujet ou complément d’un nom. Une interrogative indirecte complète souvent un verbe exprimant une question ou une connaissance. Pour trouver la fonction, repère le mot dont la subordonnée dépend et remplace l’ensemble par un groupe nominal ou un pronom : « Je crois qu’il viendra » devient « Je crois cela » ; la subordonnée est donc COD de « crois ». Dans « Je tiens à ce qu’il vienne », le remplacement par « J’y tiens » aide à reconnaître un COI.

  5. Une subordonnée circonstancielle exprime notamment le temps, la cause, le but, la condition ou la concession. Elle est complément circonstanciel de la proposition à laquelle elle se rattache. Son déplacement et sa suppression sont souvent possibles, mais ces tests ne suffisent pas seuls : il faut aussi examiner le sens et la construction. Pour toute subordonnée imbriquée, justifie ainsi la fonction par deux éléments : son rattachement précis et une manipulation pertinente, sans supposer qu’une suppression ou un déplacement soit toujours possible.

Des exemples

  • Je sais que Léa pense que le film que tu conseilles lui plaira.

    « Que tu conseilles » est une relative complément de l’antécédent « film » ; « que le film que tu conseilles lui plaira » est COD de « pense », comme le montre « Léa pense cela ». L’ensemble « que Léa pense que le film que tu conseilles lui plaira » est COD de « sais » : on peut le remplacer par « cela » dans « Je sais cela ».

  • Le guide qui explique pourquoi le sentier est fermé est affiché à l’entrée.

    « Qui explique pourquoi le sentier est fermé » est une relative complément de l’antécédent « guide », auquel elle apporte une précision. À l’intérieur de cette relative, l’interrogative indirecte « pourquoi le sentier est fermé » est COD de « explique » : « Le guide explique cela ».

  • Quand tu auras lu le message que Lina a envoyé, nous pourrons partir.

    « Que Lina a envoyé » est une relative complément de l’antécédent « message ». L’ensemble « quand tu auras lu le message que Lina a envoyé » est complément circonstanciel de temps de « nous pourrons partir » : il indique quand le départ sera possible et peut être déplacé après cette proposition.

  • Que tu retrouves le carnet que tu as perdu me rassure.

    « Que tu as perdu » est une relative complément de l’antécédent « carnet ». La subordonnée entière « que tu retrouves le carnet que tu as perdu » est sujet de « rassure », comme le confirme son remplacement par « cela » : « Cela me rassure ».

À retenir

  • Délimite chaque subordonnée, y compris celles qui en contiennent d’autres.
  • Cherche le rattachement de chaque subordonnée, pas seulement celui de l’ensemble.
  • Distingue la nature de la subordonnée et sa fonction.
  • Une relative est généralement complément de son antécédent.
  • Justifie la fonction par le rattachement et une manipulation adaptée.
  • Ne confonds pas la fonction d’une relative avec celle de son pronom relatif.

Les mots de la leçon

Subordonnées imbriquées
Propositions subordonnées dont l’une est contenue dans une autre.
Rattachement
Lien entre une subordonnée et le mot ou la proposition dont elle dépend.
Antécédent
Nom ou pronom auquel se rapporte une proposition subordonnée relative.
Subordonnée complétive
Subordonnée qui occupe une fonction telle que sujet, complément d’un verbe ou complément d’un nom.
Interrogative indirecte
Subordonnée qui rapporte une question sans la poser directement, comme « où il va » dans « Je me demande où il va ».
Manipulation syntaxique
Modification d’une phrase, par exemple un remplacement, un déplacement ou une suppression, utilisée pour vérifier son organisation.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape

RegardeUne subordonnée peut en contenir une autre : pour trouver la fonction de chacune, cherche précisément le verbe ou le nom auquel elle se rattache. Vérifie ensuite ton analyse par une manipulation adaptée : remplacement par « cela » pour un complément de verbe, suppression ou déplacement pour certains compléments circonstanciels. Attention : la fonction d'une proposition relative n'est pas celle du pronom relatif qui l'introduit.

Dans « Je pense que le livre que tu cherches est disponible », trouve la fonction des deux subordonnées et justifie chaque analyse.

  1. La subordonnée la plus large est « que le livre que tu cherches est disponible ». Elle contient la relative « que tu cherches ».Le verbe « pense » introduit ce qui est pensé. À l'intérieur de cet ensemble, « que tu cherches » précise de quel livre on parle.
  2. « que le livre que tu cherches est disponible » est COD du verbe « pense ».On peut remplacer toute cette subordonnée par « cela » : « Je pense cela ». Le remplacement porte bien sur l'ensemble, y compris la relative qu'il contient.
  3. « que tu cherches » est complément de l'antécédent « livre ».Cette relative se rattache au nom « livre ». On peut la supprimer : « Je pense que le livre est disponible ». La phrase reste construite, mais elle ne précise plus de quel livre il s'agit.
  4. Dans la relative, le pronom « que » est COD de « cherches », mais la relative entière est complément de l'antécédent « livre ».En reconstruisant « Tu cherches le livre », on retrouve la fonction du pronom. Cela ne change pas la fonction de la proposition entière.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
Ce que votre enfant apprend
Attribuer une fonction à chaque subordonnée dans des phrases comportant plusieurs niveaux de dépendance et justifier l'analyse par son rattachement et par des manipulations syntaxiques adaptées.
Au programme
3e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
Combien de temps
Environ 20 minutes, en une fois ou en plusieurs.

Comment l'accompagner

  • Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
  • Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
  • Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.

Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers