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Français · 4e · environ 30 min

Exprimer et justifier un jugement sur papier et en numérique

Je m'entraîne

Choisis le mot qui va dans le trou.

Un argument est une trou à remplir qui soutient ton jugement. Mot à utiliser : raison.

S'entraîner : une série dédiée, en paliersRituel : Orthographe flash

Explique-moi autrement

Choisis une façon de comprendre. Tu peux toutes les essayer, dans l'ordre que tu veux.

Imagine quatre cases reliées : « Ce que je pense » → « Première raison » → « Deuxième raison différente » → « Situation précise ». Pour la salle calme, cela donne : utile → lire sans bruit → se reposer → terminer un chapitre sans interruption. Sur papier ou à l'écran, vérifie que chaque case a sa place dans ton texte.

Ce repère convient à un texte court avec deux arguments et un exemple. La présence de quatre cases ne garantit pas que les raisons sont pertinentes : elles doivent soutenir le jugement.

Les pièges

  • Répéter son jugement en pensant donner un argument.

    Tu as exprimé ton avis deux fois. Cherche maintenant ce que cette proposition apporte concrètement.

  • Prendre deux formulations proches pour deux arguments différents.

    Tes deux raisons se ressemblent. Garde la première et cherche un autre avantage ou un autre inconvénient.

  • Croire qu'un message numérique peut se passer d'arguments ou de politesse.

    Tu as changé de support. Vérifie maintenant que tes raisons restent présentes et que ton ton convient toujours à la personne qui te lit.

Je me teste

2 questions nouvelles, sans aide. Tu vois la correction à la fin.

La leçon écriteLe cours complet, des exemples, « À retenir » à imprimer

La leçon

Ce qu'il faut savoir

Exprimer un jugement argumenté permet de faire comprendre son point de vue et les raisons qui le soutiennent. On s’en sert notamment pour donner son avis sur une œuvre, défendre une proposition ou publier un commentaire, sur papier comme en numérique.

Le cours

  1. Un jugement personnel exprime ce que l’on pense d’une œuvre, d’une idée ou d’une situation. Contrairement à un fait, qui peut être vérifié, il présente une appréciation que l’on peut discuter. Il doit être formulé clairement et précisément : « Ce récit est captivant » indique mieux le jugement porté que « C’est bien ».

  2. Pour justifier son jugement, on l’appuie sur des arguments, c’est-à-dire des raisons qui permettent de le comprendre et peuvent convaincre le lecteur. Dans un texte comportant deux arguments, chacun apporte une raison différente, en rapport direct avec le jugement. Un exemple précis illustre au moins l’un de ces arguments : une scène du récit, une situation vécue ou un fait vérifiable. Il ne remplace pas l’explication.

  3. Le texte suit une progression claire : on annonce son jugement, on développe les deux arguments en les expliquant, puis on termine par une courte conclusion. Des connecteurs rendent les liens visibles : « d’abord » et « ensuite » organisent les arguments, « car » introduit une raison, « par exemple » annonce une illustration et « donc » marque une conséquence. Ils doivent correspondre au lien réel entre les idées.

  4. Le destinataire est la personne à qui l’on s’adresse. On adapte à ses connaissances et à la situation le vocabulaire, le ton et les explications. Dans une lettre au principal, on emploie des formules de politesse et un ton respectueux ; dans un message à un camarade, le ton peut être plus familier. Dans tous les cas, on discute les idées sans attaquer les personnes et l’on évite de présenter son avis comme une vérité incontestable.

  5. Le support change la présentation, mais pas l’exigence de justification. Sur papier, on soigne la lisibilité, les paragraphes et, selon le texte, la date, l’appel et la signature. En numérique, on tient compte du format : objet pour un courriel, paragraphes courts pour une lecture sur écran, titre si nécessaire. Avant d’envoyer ou de publier, on relit le texte, on vérifie à qui il sera visible et l’on retire les informations personnelles inutiles. Si l’on reprend un fait ou une idée trouvés ailleurs, on indique leur source.

Des exemples

  • Je trouve que la fin de ce récit est réussie. D’abord, elle surprend le lecteur : le personnage qui semblait fuir revient finalement aider son ami. Ensuite, elle donne un sens nouveau aux hésitations du héros, qui apparaissent comme un combat intérieur. Cette fin est donc à la fois inattendue et cohérente.

    Le jugement est clairement annoncé, puis soutenu par deux arguments différents : la surprise et la cohérence. Le retour du personnage constitue un exemple précis qui illustre le premier argument.

  • Dans une lettre sur papier : « Monsieur le Principal, je pense qu’un espace de lecture dans la cour serait utile. D’abord, il offrirait une activité calme pendant la pause. Par exemple, les amateurs de lecture pourraient y terminer un chapitre à l’écart des jeux de ballon. Ensuite, il permettrait aux élèves d’échanger leurs découvertes de livres. Je vous remercie de l’attention portée à cette proposition. »

    Le texte présente un jugement, deux arguments et un exemple. L’appel et la formule finale adaptent cette demande écrite au destinataire, le principal.

  • Dans un courriel : « Objet : Proposition d’un espace de lecture dans la cour Monsieur le Principal, je vous propose de créer un espace de lecture dans la cour. Il offrirait d’abord une activité calme : les élèves pourraient, par exemple, y lire à l’écart des jeux de ballon. Il favoriserait aussi les échanges autour des livres. Je vous remercie de l’attention portée à cette proposition. »

    Le passage au numérique conserve les deux arguments et l’exemple, ainsi que le respect dû au destinataire. L’objet permet de repérer immédiatement le sujet ; le corps du courriel peut être réparti en courts paragraphes.

  • Dans un commentaire public : « Je ne partage pas cet avis sur le film. Son rythme lent permet de mieux comprendre les personnages. Par exemple, la longue scène du départ montre combien le héros hésite. De plus, les silences rendent les retrouvailles finales plus émouvantes. »

    Le désaccord porte sur l’œuvre et non sur la personne qui a publié son avis. Même dans un commentaire numérique, le jugement reste justifié par deux arguments et un exemple.

À retenir

  • Formuler un jugement clair et précis.
  • Le justifier par deux arguments différents et expliqués.
  • Illustrer au moins un argument par un exemple précis.
  • Organiser les idées avec des paragraphes et des connecteurs adaptés.
  • Adapter le ton et la présentation au destinataire et au support.
  • Relire avant de remettre, d’envoyer ou de publier.

Les mots de la leçon

Jugement
Appréciation portée sur une œuvre, une idée ou une situation.
Argument
Raison avancée pour soutenir un point de vue.
Exemple
Cas précis qui illustre un argument et aide à le comprendre.
Connecteur
Mot ou expression qui indique le lien entre des idées, comme « car », « ensuite » ou « donc ».
Destinataire
Personne ou groupe de personnes à qui un message est adressé.
Support
Moyen matériel ou numérique utilisé pour présenter et transmettre un texte.
Exemples résolusDes exercices faits devant toi, étape par étape

RegardePour justifier ton jugement, dis ce que tu penses, donne deux raisons différentes et ajoute un exemple précis qui illustre l'une de ces raisons. Sur papier comme en numérique, garde ces idées, mais adapte la présentation, le ton et les informations au destinataire : une lettre au principal ne se présente pas comme un commentaire sur le site du collège.

Tu trouves utile l'ouverture d'une salle calme à la pause du midi. Prépare un jugement avec deux arguments et un exemple, puis adapte-le à une lettre sur papier et à un courriel adressés au principal.

  1. Je formule mon jugement : « À mon avis, ouvrir une salle calme à midi serait utile. »Le lecteur sait immédiatement ce que je pense de cette proposition.
  2. Je donne deux arguments : « Elle permettrait de lire sans être gêné par le bruit. Elle offrirait aussi un lieu de repos aux élèves qui souhaitent faire une pause tranquille. »Les deux raisons sont différentes : l'une concerne la lecture, l'autre le repos.
  3. J'ajoute un exemple : « Par exemple, un élève pourrait y terminer un chapitre sans être interrompu par les jeux de la cour. »Cette situation précise illustre l'argument sur la lecture.
  4. Sur papier, je prépare une lettre datée, avec une formule d'appel, mon texte et une signature : « Le 12 mars — Monsieur le Principal, à mon avis, ouvrir une salle calme à midi serait utile. Elle permettrait de lire sans être gêné par le bruit. Elle offrirait aussi un lieu de repos aux élèves qui souhaitent faire une pause tranquille. Par exemple, un élève pourrait y terminer un chapitre sans être interrompu par les jeux de la cour. Je vous remercie de l'attention portée à cette proposition. Sami, 4e B. »La date, la formule d'appel et la signature permettent de situer la demande et d'identifier son auteur. Le ton convient au principal.
  5. En numérique, je prépare un courriel : « Objet : Proposition d'une salle calme à midi ». Dans le message, je reprends la formule d'appel, le jugement, les deux arguments, l'exemple et la formule finale de la lettre, en séparant les paragraphes.L'objet annonce le sujet du courriel. Le support change, mais les raisons et le respect du destinataire restent nécessaires.
Pour les parentsCe que votre enfant apprend, le programme, comment l'aider
Ce que votre enfant apprend
Rédiger un jugement personnel appuyé sur deux arguments et un exemple, puis l'adapter à un support papier et à un support numérique en tenant compte du destinataire.
Au programme
4e · BOEN n°31 du 30 juillet 2020 (cycle 4, programme PRÉCÉDENT, encore en vigueur pour 4e/3e en 2026-2027) Voir la source officielle
Combien de temps
Environ 30 minutes, en une fois ou en plusieurs.

Comment l'accompagner

  • Laissez-le commencer par manipuler : la règle vient après, en une ou deux lignes.
  • Le petit test se fait sans aide. La correction arrive à la fin, sans note.
  • Si une explication ne passe pas, proposez-en une autre plutôt que de répéter la même.

Les réglages « Ma façon » reprennent des adaptations recommandées par l'Éducation nationale pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, comme les troubles dys ou le TDAH. Éduscol : élèves à besoins éducatifs particuliers